La maire du XXe arrondissement de Paris, Frédérique Calandra, a affirmé hier, jeudi 29 janvier, sa «rage apocalyptique» après qu’elle a appris l’agression verbale dont ont été victimes des membres des Dégommeuses mercredi soir (lire Des membres de l’équipe des Dégommeuses verbalement agressées par un entraîneur de football). L’entraîneur d’une équipe de football composée d’adolescents aurait adressé aux joueuses des remarques sexistes et lesbophobes, ce qu’il nie. Dans un communiqué publié ce vendredi 30 janvier, la maire d’arrondissement ainsi qu’Hélène Bidard, l’adjointe à la maire de Paris chargée de l’égalité femmes/hommes, de la lutte contre les discriminations, et Jean-François Martins, l’adjoint à la maire de Paris chargé des sports, apportent «tout [leur] soutien» aux Dégommeuses.

SANCTIONS
Les élu.e.s dénoncent la «vulgarité» et «l’agressivité» contenues dans les remarques qu’aurait proférées l’entraîneur et rappellent que de tels propos «sont strictement prohibés par la loi». Il est «d’autant plus choquant de les entendre sortir de la bouche d’une personne à qui des parents ont confié leurs enfants afin qu’ils pratiquent une activité sportive». Les trois auteur.e.s du communiqué indiquent que sur demande d’Anne Hidalgo, Frédérique Calandra étudiera «les suites juridiques à apporter à cet incident». Des sanctions sont également envisagées contre l’entraîneur, la plus grave d’entre elles étant «son exclusion des terrains de sport» de Paris.

La municipalité compte en outre intervenir auprès des adolescents du club et «veillera, en accord avec leurs parents, à ce qu’ils puissent continuer à jouer dans un club respectant les valeurs du sport et du respect de l’autre». Les élu.e.s saluent le fait qu’un agent municipal a agi pour mettre fin à l’altercation et s’engagent à permettre aux Dégommeuses de «poursuivre [leurs] activités sportives en toute quiétude».

FORMATION
Dans un communiqué conjoint entre les Dégommeuses et SOS homophobie, les deux associations déplorent que «des actes similaires se déroulent trop régulièrement sur les terrains de sport sans faire l’objet d’un signalement». Elles demandent «la mise en place de plans de formation incluant des modules obligatoires sur le sexisme, les LGBT-phobies et les stéréotypes de genre, à l’intention des éducateurs, des dirigeants sportifs et des agents municipaux (hommes et femmes)» et «un renforcement du soutien accordé aux associations qui se consacrent au développement du sport féminin et aux actions de sensibilisation contre le sexisme et les LGBT-phobies». Elles appellent enfin à ne pas stigmatiser les adolescents qui ont participé aux insultes lesbophobes et sexistes car ils sont, d’après les deux associations, «les premières victimes de l’incompétence et de l’irresponsabilité de certains adultes».

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