Diego Neria Lejárraga se considère comme «un homme en paix» depuis qu’il a rencontré le pape ce samedi 24 janvier. Cet homme trans’, qui vit en Espagne, a grandi dans une famille très croyante. À la demande de sa mère, il a attendu la mort de celle-ci pour débuter sa transition. Mais dans son église, les choses se sont très mal passées. «Comment oses-tu pénétrer ici dans ta condition?», lui a-t-on reproché après qu’il a eu recours à des opérations chirurgicales. «Tu n’en es pas digne», lui a-t-on lancé avant de le qualifier de «fille du diable».

ENTRETIEN PRIVÉ
Des mots qui ont profondément blessé Diego Neria Lejárraga. Il a malgré tout continué à se considérer comme chrétien, tout en prenant ses distances avec l’église. Lorsqu’il a pris connaissance des propos plutôt positifs du pape François sur les personnes LGBT, il a repris confiance: «J’ai senti que lui m’écouterait», a-t-il confié au magazine espagnol Hoy. Diego Neria Lejárraga a donc envoyé une lettre au pape. Quelques jours plus tard, celui-ci lui a téléphoné pour lui dire qu’il avait été ému par son courrier et qu’il souhaitait le rencontrer. Une fois le rendez-vous fixé, Diego s’est rendu au Vatican avec sa fiancée.

Il n’a pour l’heure rien révélé de la teneur de cet entretien privé, mais considère que le simple fait d’être personnellement entendu par le pape François est déjà une énorme avancée. Pour Marianne Duddy-Burke, responsable de Dignity USA, une organisation de LGBT catholiques, l’attitude du pape contraste avec celle d’autres membres du clergé en Europe qui ont eu des propos très durs contre les personnes trans’. «Que le pape rencontre un homme transgenre sur le point de se marier et que grâce à cette rencontre cet homme se sente plus à sa place dans l’église montre que l’on se soucie des personnes à la périphérie de l’église, a indiqué Marianne Duddy-Burke à The Washington Blade. J’espère que le pape a écouté avec attention l’expérience de cet homme et qu’il parlera de ce qu’il a entendu.»

S’il a tenu des propos qui pouvaient être interprétés comme des signes d’ouverture, le pape François a toutefois souligné qu’à ses yeux, l’ouverture du mariage aux couples de même sexe représente une «menace». À l’époque où il n’était encore que Jorge Mario Bergoglio, cardinal en Argentine, il avait vivement critiqué l’ouverture du mariage dans ce pays, qui figure parmi les plus avancés sur les droits des personnes LGBT. certain.e.s, comme Diego Neria Lejárraga ou Mgr Gaillot (lire Mgr Gaillot: «Quand la société évolue, l’Église est obligée d’évoluer»), veulent néanmoins croire que le pape François saura aider l’église catholique à «rencontrer son temps».

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