Opinions & Débats | 09.01.2015 - 15 h 27 | 23 COMMENTAIRES
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«Le droit au blasphème», par Daniel Borrillo

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Après l'attentat contre «Charlie Hebdo», le juriste Daniel Borrillo s'inquiète de ce que «Diderot, Nietzche ou Marx pourraient être poursuivis en justice s’ils disaient aujourd’hui, à propos de la religion, qu’il s’agit de ”l’aveuglement de l’humanité», de “l’anémie de la volonté” et de “l’opium des peuples”».
droit au blaspheme Charlie Hebdo

Dans un article publié par Le Monde le 16 mai 2005, je m’inquiétais du combat judiciaire livré par les groupes religieux contre la liberté d’expression. Les tragiques événements récents me font reprendre ma plume pour rappeler ce que j’avais dénoncé déjà il y a dix ans. La situation est d’autant plus grave qu’au nom de la lutte contre les discriminations, les tribunaux reprennent souvent l’interprétation détournée que les groupes religieux font de la norme juridique. Ainsi, l’islamophobie ou la christianophobie sont utilisées pour faire taire toute critique à l’égard des idéologies dogmatiques. Diderot, Nietzche ou Marx pourraient être poursuivis en justice s’ils disaient aujourd’hui, à propos de la religion, qu’il s’agit de «l’aveuglement de l’humanité», de «l’anémie de la volonté» et de «l’opium des peuples».

Le dispositif de protection contre les discriminations fut créé pour protéger les personnes appartenant à des groupes minoritaires contre les actes matériels et les discours d’incitation à la haine desquels ils seraient victimes. Il s’agit bien de protéger des personnes et non pas des dogmes.

Ceux-ci sont des constructions de l’esprit humain, qui non seulement peuvent mais doivent être soumises à la critique. Pour les croyant.e.s, la religion est de nature sacrée; pour les autres, il ne s’agit que d’une simple manifestation culturelle. La République s’est construite en grand partie contre la hiérarchie religieuse et la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’Etat confirme la neutralité religieuse de la France. Dans l’espace public, par nature laïc, on doit pouvoir se référer au christianisme et à l’islam ou à toute autre religion comme l’on se réfère au communisme, au libéralisme ou à l’astrologie, c’est-à-dire comme une idéologie.

La liberté d’expression implique non seulement celle d’analyser et de critiquer les idées, mais aussi de les ridiculiser.

Si les musulmans, les communistes ou les astrologues méritent la plus haute protection en tant qu’individus, l’appareil idéologique qui sert de base à leurs croyances ne doit pas échapper à la critique sous peine de compromettre la première des libertés selon la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789. La Cour européenne des droits de l’Homme souligne que «la liberté d'expression vaut non seulement pour les informations ou idées accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent: ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels, il n'est pas de société démocratique».

La liberté des croyances est ainsi subordonnée à la liberté d’expression. L’Organisation de la conférence islamique (OCI) doit le comprendre et cesser son offensive internationale contre ce qu’elle considère des «actes blasphématoires à l’encontre des principes, symboles, valeurs sacrées et personnages islamiques, notamment la publication des caricatures injurieuses du prophète ainsi que toutes les remarques désobligeantes sur l’islam et les personnalités sacrées et la diffusion d’un documentaire diffamatoire sur le Coran et la reprise par d’autres médias, sous le prétexte de la liberté d’expression et d’opinion». Ce combat est même parfois couronné de succès, puisque l’OCI est parvenue à faire voter le 26 mars 2007 au sein du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU une résolution sur la «lutte contre la diffamation des religions» ce qui constitue non seulement une remise en cause de la laïcité mais aussi une forme de réactualisation du délit de blasphème. Ainsi peut-on y lire que la liberté d’expression doit s’exercer dans «le respect des religions et des convictions».

Les démocraties libérales ne peuvent pas céder face à ce type de menaces dont la violence terroriste n’est que la manifestation la plus paroxystique. Le droit au blasphème fait partie de l’ADN de nos démocraties, c’est pourquoi les ennemis de la liberté ont essayé de l’anéantir. Indépendamment de nos croyances et de nos convictions, faisons en sorte que tous les Diderot, les Nietzche, les Voltaire, les Marx et autres esprits critiques puissent non seulement attaquer les religions mais aussi se moquer d’elles comme l'ont fait Charb, Cabu, Wolinski, Tignous, Maris et toutes celles et tous ceux qui ont sacrifié leurs vies pour défendre, ici et ailleurs, nos libertés.

Daniel Borrillo, juriste engagé

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LES réactions (23)
  • Par Christophe Martet 09 Jan 2015 - 17 H 25
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    Merci Daniel pour ce rappel salutaire.

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  • Par vinzo2 09 Jan 2015 - 18 H 47
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    J’adhère à cette analyse…
    Les dogmes et religions doivent pouvoir être critiqués, analysés, disséqués dans la sphère publique et être mis face à leurs contradictions, leurs anachronismes, et interprétations plus ou moins douteuses…

    Petit point sur lequel je formule un bémol, pourquoi l’amalgame entre croyances immatérielle, religions, et communisme?
    L’auteur emploie là un dangereux raccourci qui sous entendrait que le communisme serait un courant de pensée sectaire. On ne peut pas se contenter de faire l’amalgame entre astrologie, communisme, islam comme il le fait: que représente le communisme pour lui? de quel communisme parle-t’il ?

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    • Par HBIC 10 Jan 2015 - 19 H 06
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      Le communisme, comme certaines religions, est totalisant, puisqu’il recouvre toutes les dimensions de l’expérience humaine, publiques ou privées, et prétend tout réguler. C’est bien en cela qu’il a été rejeté par les démocrates.

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    • Par vinzo2 11 Jan 2015 - 10 H 21
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      Vision caricaturale du communisme.
      L’interprétation extrême de ce que peut être le communisme tel que l’on appliqué les dictateurs russes n’est pas le reflet de l’humanisme dont est normalement empreint le communisme.

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  • Par yaki 09 Jan 2015 - 20 H 53
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    Certains croyants oublient toujours le droit des non-croyants à être respectés dans leur propre droit de ne pas croire, parce que ces croyants s’arrogent bien le droit de critiquer les non-croyants et les croyants des autres religions !

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    • Par vistemboire 10 Jan 2015 - 2 H 02
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      @Yaki
      Juste !
      Ça va même plus loin puisque les croyants prennent la critique de leur dogme, quel qu’il soit, comme une attaque personnelle, presque une agression physique quand bien même on la formule avec délicatesse et onctuosité.
      C’est très étrange à observer (et très amusant aussi, j’avoue) combien l’irrationalité et la quasi hystérie prend le dessus chez des gens, parfaitement raisonnables et intelligent par ailleurs, pour refuser à qui que ce soit le droit de critiquer leur religion.
      Que ce soit en famille, entre amis ou dans un cercle pinardier de dégustation (où l’esprit critique est affuté comme un scalpel), c’est verboten.
      Le premier problème de la critique des dogmes, c’est que, pour un point de doctrine critiqué, le croyant trouvera toujours un autre point de doctrine qui dira le contraire.
      Le second c’est que chaque croyant estime être détenteur de la vraie foi, qu’il démontre son l’honnêteté (réelle), quand un coreligionnaire fait une horreur, en excluant la « brebis galeuse » voire en niant son appartenance à la religion pourtant revendiquée. La critique est alors anesthésiée.
      Il faudrait examiner, point par point, les trois dogmes religieux (facile, c’est écrit) pour en extirper ce qui ne convient pas et qui n’est plus soutenable (sexisme, racisme, homophobie, appel au meurtre, etc). D’autant que, alléluia, le boulot a déjà été fait par les athées et les irréligieux.
      Prendre les croyants au piège de leurs propres déclarations (sincères) d’attachement à la République et à ses lois : retirer des trois religions (physiquement, arracher des pages aux trois Livres) les points de doctrine qui contreviennent à l’esprit des lois républicaines. Il en restera toujours assez pour faire trois religions.

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    • Par luc 11 Jan 2015 - 10 H 35
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      merci pour cette précision très importante

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  • Par jeromemartin 09 Jan 2015 - 22 H 32
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    Le rappel est important, mais Borillo commet une erreur courante avec la citation de Marx qu’il faut remettre dans son contexte. Marx la critique certes comme « opium du peuple » mais cela n’implique pas qu’une vision négative des drogues et Marx rappelle le rôle consolateur de la religion dans le cadre d’une société de classe. D’autre part, Marx, dans ce même passage, critique autant la religion que la critique même de la religion comme étant des stratégies de diversion des problèmes sociaux. Il s’agit donc d’une pensée plus complexe que celle que résume la citation bien connue. Il me semble que ce n’est pas qu’un détail et que nous avons tout intérêt à ne pas simplifier les points de vue philosophiques sur lesquels nous allons avoir les débats dans les prochains jours. Oui, on peut et doit critiquer la religion, mais oui aussi, on peut et doit critiquer certaines critiques des religions – même après l’attentat de mercredi et ce qui s’est passé ensuite. Pour celles et ceux que cela intéresse, vous pouvez lire « la haine de la religion » de Pierre Tevanian, consacrée à cette citation de Marx et son utilisation en France par des personnes de gauche, notamment pour critiquer la candidature par le NPA d’une femme musulmane voilée.
    Si je me définissais comme héritier de cette citation de Marx, j’analyserais ainsi la situation : personne ne peut nier que la religion ait joué un rôle dans l’attentat, mais n’oublions pas non plus les autres facteurs sociaux : la pauvreté, l’exclusion sociale, les discriminations, le passage par la prison et ses conséquences sur les individues, etc.

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  • Par vistemboire 09 Jan 2015 - 23 H 51
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    Belle piqure de rappel. Merci.
    Un rien de désaccord sur une étonnante affirmation de la part d’un juriste : « Le droit au blasphème fait partie de l’ADN de nos démocraties. »
    Heu… bin, non. La plupart des pays d’Europe pénalise encore (délit ou contravention) le blasphème, l’offense religieuse ou l’irrespect envers les croyants. La France est une exception en la matière (sauf en Alsace-Moselle ou existe encore un délit dit de « blasphème » Art. 166 CPL http://www.legirel.cnrs.fr/spip.php?article528 Il sera cependant très prochainement abrogé (ouf !!) car tombé en désuétude et que c’était une belle ânerie).
    Le parlement européen, en outre, est soumis à « un dialogue permanent » obligatoire avec les représentants des cultes inscrit dans les traités que la France a ratifié et intégré dans son système légal. Cette disposition est, selon certains juristes constitutionnels, une couille juridique car elle contrevient au principe français de laïcité et de non-reconnaissance des cultes.

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    • Par matti 10 Jan 2015 - 20 H 19
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      @vistemboire Le vrai « ouf » et quand on fera péter le bouchon de crémant, c’est quand on en aura fini avec la loi concordataire. Mais bon, c’est pas parti pour. (Tant mieux d’un autre côté, j’aime pas le crémant.)

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    • Par vistemboire 10 Jan 2015 - 20 H 51
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      @Matti
      Oui, c’est vrai, mais il faut savoir fêter les petites victoires comme les grandes. Je tord aussi un peu le nez à la façon dont cette abrogation a été décidée (on a demandé la « permission » aux quatre cultes).
      Par contre, c’est quoi cette histoire de ne pas aimer le crémant ?
      Chien d’infidèle !
      Mécréant !

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    • Par matti 10 Jan 2015 - 20 H 59
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      @vistemboire Non mais j’aime le champagne et je l’affirme face aux édito du Figaro, je me désolidarise totalement des buveurs de bière. (Ca va je peux faire parti de la communauté nationale?) 😀

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    • Par SG70 10 Jan 2015 - 21 H 04
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      @matti
      Ne pas aimer le crémant ?
      C’est qu’on t’as pas fait goûter les bons alors…

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    • Par matti 10 Jan 2015 - 21 H 07
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      @sg70 Ben ouais honnêtement je n’ai jamais bu un bon crémant d’Alsace ou de Bourgogne. D’un autre côté, je suis un mécréant j’aime bien le champagne rosé (et la bière mais faut pas le dire, j’ai fais acte d’apostasie un peu plus haut).

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    • Par vistemboire 10 Jan 2015 - 22 H 22
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      @Matti
      Mouais… n’empêche, c’est très suspect tout ça. Préférer le schisme du champagne rosé plutôt que la tradition du champagne dévoyé, c’est louche. Cependant, ne pas reconnaitre la pureté virginale du crémant, là je dis blasphème ! Fatwa, fatwa !!
      Blague à part, si tu aimes le champagne rosé, tu devrais à l’occasion essayer les crémants (Bourgogne ou Alsace) « blanc de noirs » qui sont ce qui se rapproche le plus de la typicité (relative) des champagnes rosés.
      Et voilà, maintenant j’ai soif… pfff !

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  • Par Manuel Atréide 10 Jan 2015 - 2 H 48
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    Intéressant mais avec un gros, très gros bémol : Diderot, Nietzche ou Marx ne peuvent aujourd’hui être poursuivis en justice en France.

    De plus, si l’auteur parle d’autres pays, ils pourraient être poursuivis aujourd’hui comme ils auraient pu l’être hier. Dans les faits, si la bataille est dure, il n’y a pas de recul concernant un droit au blasphème, exception faite dans certains pays anciennement intégrés dans l’URSS comme la Russie.

    Ce droit continue d’ailleurs à progresser : le blasphème n’est plus interdit au Royaume Uni depuis 2008, aux Pays-Bas depuis 2013. SI nous devons continuer à être vigilants et à promouvoir la liberté d’expression et d’opinion, il n’y a pas péril en la demeure d’un point de vue légal.

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  • Par mediolan 10 Jan 2015 - 10 H 39
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    Merci à Daniel Borillo et a ts les contributeurs…ça fait du bien d’avoir des échanges qui tranchent sur ce qui s’écrit sur de nombreux réseaux

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  • Par fcpgismo 10 Jan 2015 - 13 H 05
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    Je suis un blasphémateur aujourd’hui et demain.
    Excellente mise au point.
    Charlie hebdo était retiré par les kiosquier barbus et peu vendu,il y avait relativement peu de monde pour les soutenir et beaucoup considéraient qu’ils étaient alles trop loin,
    Il y a pas tout à fait 65 millions d’abrutis dans ce pays mais un certain nombre de faux-culs.

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  • Par Hinageshi 10 Jan 2015 - 15 H 01
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    Certains devraient raser les murs aujourd’hui, tels les auteurs de ce rap minable sorti à l’occasion du film La Marche (2013) :
    D’t’façon y a pas plus ringard que le raciste
    Ces théoristes veulent faire taire l’islam
    Quel est le vrai danger : le terrorisme ou le taylorisme ?
    Les miens se lèvent tôt, j’ai vu mes potos taffer
    Je réclame un autodafé pour ces chiens de Charlie Hebdo.

    (Interprété par un « artiste » nommé Nekfeu…)
     
    À propos de minables, un apprenti-sociologue nommé Jésu (personnellement j’y vois comme un signe…) osait, il y a un an dans Libération, reprocher à Charb — qui avait protesté contre la violence de ces rimailleries de mirliton – accusé de n’être qu’un affreux laïcard déconnecté du pays réel, de ne pas tendre l’autre joue !

    J’espère que lui aussi il rase les murs aujourd’hui…
     
    (Et tant qu’on y est, en ce jour de colère, je n’aurais rien contre un écartèlement en Place de Grève pour ceux qui s’obstinent à écorcher le nom de Nietzsche.)

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    • Par Lafcadio 10 Jan 2015 - 15 H 35
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      @gubijinso
      « Quel est le vrai danger: le terrorisme ou le taylorisme? » Mais les deux…
      Il va falloir s’armer de patience dans les semaines et les mois à venir, parce qu’on va falloir en entendre des conneries et des saloperies. Il y a en effet beaucoup de petits sociologues de merde bien-pensants libéraux de gauche qui vont avoir toutes les raisons de se sentir dans leurs couilles.
      Sinon, pour ceux qui veulent comprendre ce qui arrive, ce livre superbe qui donne froid dans le dos malgré le ton optimiste, érudit qui est celui de l’auteur: http://livre.fnac.com/a1607865/Abdelwahab-Meddeb-La-maladie-de-l-islam

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    • Par Lafcadio 10 Jan 2015 - 15 H 36
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      oups pardon: de se sentir « tout petits » dans leurs couilles, disais-je ou voulais-je dire…

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    • Par Vemor 10 Jan 2015 - 18 H 49
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      Ça manque d’entrain tout ça, ya même pas 20 lignes =o

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    • Par Hinageshi 11 Jan 2015 - 19 H 19
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      Pas d’emballement, @lafcadio. Notre poète énervé a écrit taylorisme parce que, très probablement, son dictionnaire de rimes lui aura suggéré ce gros mot.
      Comme il aurait sans états d’âme fait rimer On a fait la fête à Thouars avec superfétatoire.

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