BD, Culture & Loisirs | 01.01.2015 - 04 h 00 | 31 COMMENTAIRES
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Célébrez la nouvelle année avec Stephie, la très jeune héroïne d’«Assignée garçon»

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Sophie Labelle, auteure du webcomics «Assignée garçon», a accepté de répondre à nos questions et de présenter sur Yagg le tout nouvel épisode de la vie de Stéphie, enfant trans'.
sophie labelle - assignee garcon

Déjà auteure de plusieurs albums jeunesse, Sophie Labelle, une enseignante et auteure québécoise, publie depuis août 2014 sur Tumblr le webcomics Assignée garçon. À travers de courtes histoires publiées chaque mardi et vendredi, elle raconte l'histoire de Stéphie, une petite fille trans', dans sa vie de tous les jours, auprès de ses parents, à l'école, avec ses ami.e.s: «Au départ, l’idée était d’illustrer la transphobie et le cissexisme quotidiens, qui sont souvent vécus comme des micro-agressions, d’une manière qui soit la plus éclatante possible, explique à Yagg Sophie Labelle. C’est pourquoi j’ai choisi de raconter les aventures d’un enfant, puisque de confronter le discours populaire sur les personnes trans', souvent pathologisant et objectifiant, à celui d’un enfant met en relief les effets négatifs que peuvent avoir des propos ou des expressions qui semblent anodins.»

Pour construire ses histoires, Sophie Labelle puise dans des situations vécues dont elle tire des réflexions personnelles: «La transphobie et le cissexisme sont partout, lorsqu’on est exercé.e à le déceler! Lorsque j’étais enfant, je n’avais pas la verve et le bagout de Stéphie pour me défendre, aussi, j’utilise un peu ce personnage pour me “venger” de situations que je considère injustes.»

assignee garcon - extrait de Parade

Extrait de Parade

Et c'est avec une bonne dose d'humour et d'ironie que Sophie Labelle parvient à dénoncer certaines situations grâce à Stéphie et sa langue bien pendue. Concernant la forme de ces petites saynètes, l'auteure n'a pas choisi au hasard la bande dessinée qui lui permet d'aller droit au but: «La bande dessinée est mon médium principal, j’en fais depuis que je suis toute petite, mais je me suis surtout fait connaître pour mes albums jeunesse Une Fille comme les autres, Les Pingouins ne jugeront pas… et mon roman jeunesse, publié l’an dernier, Le Comité infernal des ordres ténébreux (ndlr, tous disponibles sur le site Les bébés pigeons). Je sentais le besoin de revenir aux sources, et surtout, de toucher le plus grand public possible. Le format court et direct de la bande dessinée en ligne permet de la diffuser très largement, et c’est ce qui fait que peu importe la ville occidentale dans laquelle je me trouve, les chances sont bonnes pour que je rencontre un.e fan de ma BD.»

Autrefois complètement taboue, la question des enfants et des jeunes trans' commencent doucement à faire surface depuis une dizaine d'année: «Au Québec, on en parle de plus en plus, mais toujours dans une perspective binaire, déplore pourtant Sophie Labelle: on tolère les enfants trans', en autant qu’ils se conforment aux stéréotypes de genre.»

«Lorsqu’on parle d’elleux, c’est, le plus souvent du temps, dans une perspective binaire et surtout, dépréciative de leur corps. Les enfants trans' ont “un problème” que la société doit “régler”.»

«Lorsqu’on fait une revue de presse sur le sujet, les expressions négatives ont la belle vie: “né.e dans le mauvais corps”, “prisonnier.ère d’un corps de fille/de garçon”… Ce qui est tabou, ce n’est plus tant l’existence d’enfants trans' que la reconnaissance du fait que chaque personne a une identité de genre qui est indépendante de ses organes génitaux. Le terme “cisgenre” a encore très mauvaise presse au sein de la population, puisque les personnes non-trans' sont souvent incapables de reconnaître leur privilège d’être nées avec des organes génitaux qui correspondent avec l’idée qu’on se fait de ce que doit être un “corps de fille” ou un “corps de garçon”.»

assignee garcon - extrait de la rentree

Extrait de La Rentrée

Sophie Labelle fait elle-même le constat que le personnel dans les établissements scolaires manque cruellement de formation pour appréhender correctement les questions liées aux personnes trans': «Étant moi-même enseignante, j’ai pu constater sur le terrain à quel point les ressources en ce qui concerne la non-conformité de genre ou la mésassignation de genre sont anémiques dans les écoles. C’est d’ailleurs ce qui m’a inspiré mes premiers albums.»

«Pourtant, on sait depuis très longtemps que c’est au primaire que l’anxiété de genre est la plus généralisée. C’est dans ces années que les stéréotypes de genre mettent le plus grand poids sur les épaules des enfants. Il est crucial de parler de ces choses-là, dès le préscolaire!»

Assignée Garçon pourrait-elle devenir un outil pédagogique pour tenter de pallier cette situation? «Assignée garçon, bien que lue par plusieurs adolescent.e.s et pré-adolescent.e.s, ce qui m'a valu un choc lorsque je m’en suis aperçue, est d’abord destinée à un public adulte, étant donné le vocabulaire employé, estime Sophie Labelle. Toutefois, certaines BDs sont présentement en cours d’adaptation pour figurer dans des manuels destinés aux écoliers.ères suédois.es. Je crois que les publics plus jeunes sont prêts pour ce genre de choses! Mais il n’est pas impossible que ce projet soit éventuellement entièrement adapté pour les jeunes.»

Si les personnes trans' commencent timidement à être davantage visibles dans les médias, les enfants trans' sont encore très rares dans des œuvres de fiction en littérature ou au cinéma par exemple. Pour Sophie Labelle, il s'agit encore d'un «sujet délicat»: «En tant que femme trans', je ne me reconnais que très rarement dans des personnages supposés me représenter. Le film de François Ozon (Une nouvelle amie, ndlr), à ce sujet, est accablant. Je crois que c’est surtout dû au fait qu’à toutes les fois qu’un personnage a un parcours trans', ce parcours est mis à l’avant-scène: il s’agit toujours soit d’un élément narratif, soit d’un effet comique etc. Cela participe grandement aux processus d’altérisation et d’objectification des personnes trans'.»

«Jamais on n’intégrera un personnage ayant un parcours trans' à une histoire sans que ce parcours trans' soit la raison principale de la présence du personnage. Les personnes trans', les enfants en particulier, n’ont pas besoin de ça.»

«Dans mon cas, je suis stealth [infiltrée, ndlr], ce qui signifie que la majorité des gens que je côtoie dans ma vie ne savent pas que je suis trans'. C’est le cas de plus en plus d’enfants trans' également, à qui on répète pourtant, à travers des produits culturels supposés les représenter, que leur mésassignation de genre à la naissance demeurera le seul élément narratif digne de mention.»

assignee garcon - extrait de virilite 1

Extrait de Virilité (1)

Difficile donc de ne pas voir en Assignée garçon une dimension militante… que ne renie certainement pas Sophie Labelle: «C’est grâce à cela que je me suis trouvé une niche et surtout, un public. Les gens se servent de mes BDs comme outils éducationnels! Cette tribune me permet aussi de parler d’enjeux qui me touchent, et étant moi-même assez militante, ça me permet de ventiler un peu. Pour créer un équilibre, j’ai également commencé un nouveau projet de bande dessinée, moins militant cette fois, qui explore certains aspects plus psychologiques et émotionnels de la mésassignation de genre.»

Aujourd'hui, plus d'une cinquantaine de planches ont été publiées, à chaque fois en français et an anglais, et Assignée garçon connaît un succès grandissant. «Je reçois tellement d’amour depuis que j’ai commencé cette BD en ligne, se réjouit Sophie Labelle. Des gens de tous les coins de la planète m’écrivent pour me conter leur histoire. Des parents me parlent de leurs enfants, me demandent des conseils. Je me sens privilégiée d’avoir une telle tribune! J’ai toutefois dû demander à deux amis de m’aider avec la modération de la version anglaise, qui connait un succès tel qu’elle est souvent la cible de groupes transphobes ou anti-féministes. Mais je le prends assez positivement, puisque c’est la conséquence de la popularité de la BD!» Sophie Labelle a commencé à démarcher des maisons d'éditions pour envisager la publication d'un recueil des aventures de la petite Stéphie.

Pour célébrer cette nouvelle année, Sophie Labelle a accepté de présenter sur Yagg en avant-première le tout nouvel épisode d'Assignée garçon:

page 50 -  assignee garcon en avant premiere

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Illustrations Sophie Labelle / Photo Daphnée Trachemontagne

 

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Photo du profil de Maëlle Le Corre
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Journaliste de Yagg.
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LES réactions (31)
  • Par Stephyn aujourd'hui - 10 H 42
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    Voilà une année qui commence bien. En plus d’être ravissante, Sophie Labelle tient le discours le plus intelligent qui soit.
    Je conseille vivement la lecture d’ « Assignée garçon » à toute personne désireuse de mieux comprendre la différence béante entre genre et sexe.

    Merci Maëlle et Yagg pour cette découverte admirable et tous mes voeux pour cette nouvelle année 😉

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  • Par Damia aujourd'hui - 16 H 17
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    Voilà une très belle façon d’ouvrir 2015 🙂 En effet, Assignée Garçon est une bien sympathique BD, où les choses sont très bien exposées. Selon moi une référence en matière de traitement des transidentités chez les enfants, sans oublier la lutte contre la binarité de genre !
    Merci Yagg 🙂

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  • Par Stephyn aujourd'hui - 21 H 14
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    Les personnes qui comme @Chris font preuve d’une transphobie déguisée sont le pire de ce que représentent les agressions quotidiennes vis-àvis des trans, quel que soit leur âge. C’est la négation de ce qui fait leur existence. Des piques légères par ci par là l’air de rien, quand ça ne devient pas plus violent. Insupportable.

    Cette pauvre prééminence du sexe pour différencier les êtres. Ce que reflète bassement cette façon de penser, si toutefois on peut appeler « réflexion » le résultat de ce genre de comportement. Toujours est-il que ça fait tache dans ce fil…

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    • Par Chris aujourd'hui - 22 H 40
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      @stephyn, Transphobie déguisée ? Merci

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    • Par Chris aujourd'hui - 22 H 50
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      @stephyn, Pour la prééminence du sexe, j’en fais simplement le constat comme toi. Ce constat te fâche, c’est un constat pas de la transphobie déguisée.

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    • Par Chris aujourd'hui - 22 H 55
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      @stephyn, Ensuite : « Des piques légères par ci par là l’air de rien, quand ça ne devient pas plus violent. Insupportable ». Ne confonds pas mon ironie vacharde (je le concède volontiers), à de la transphobie déguisée. Mais on peut toujours comparer tes piques aux miennes si tu veux, on verra qui est violent.

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    • Par Chris aujourd'hui - 23 H 02
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      @stephyn, Enfin : « Les personnes qui comme @Chris font preuve d’une transphobie déguisée sont le pire de ce que représentent les agressions quotidiennes vis-àvis des trans, quel que soit leur âge. C’est la négation de ce qui fait leur existence. » Je parlais de violence, voilà un bon exemple. Que dire, ce sont des propos purement diffamatoires que je réfute totalement. Voilà que dire de plus, sinon que l’article est très intéressant. ^^

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    • Par Stephyn aujourd'hui - 23 H 29
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      Je maintiens, à moins que tu puisses traduire (lien à l’appui) le sens donné à ^^

      Sans parler de tes positions lors de conversations antérieures (pas avec moi) qui exprimaient franchement et avec assiduité, ton attachement à la notion d’identité sexuelle. Ce que tu ne manqueras pas de corroborer, évidemment, avec ta verve habituelle qui n’en est pas moins transphobe, quoi que tu en dises.

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    • Par Chris aujourd'hui - 23 H 49
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      @stephyn, En parlant de liens, je les attends de pied ferme, et peux en discuter sans difficulté. Sinon en effet, tes insultes sont regrettables. Ensuite, mes critiques fondées, t’ont visiblement agacé mais ce n’est parce que je critique une personne trans’ sur ses idées que je suis transphobe, nuance. De plus, je ne suis pas attaché à l’identité sexuelle contrairement à ce que tu penses, j’en parle, j’en discute, j’en débats ne t’en déplaise. En outre, quand une personne trans’ réfute l’identité sexuelle alors même qu’elle se qualifie dans un documentaire télé de transexuelle, je m’interroge sur sa sincérité. Donc, quoi que tu en dises, tu te trompes sur mon compte mais nous avons l’habitude.

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    • Par Stephyn aujourd'hui - 23 H 58
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      Lis plutôt l’intégralité de la BD on en reparlera après, si tu veux bien. Ça t’apprendra à ne pas parler de ce que tu ne connais pas.
      Ce qui n’exclue pas que tu puisses continuer sur la même longueur d’onde, mais ça restera ton problème.

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    • Par Chris 02 Jan 2015 - 0 H 07
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      @stephyn, Je lirai la BD avec plaisir à moins que tu ne m’en fasses le cadeau pour mon anniversaire. Tes insultes ne permettent pas de comprendre et quand tu l’auras compris, j’espère que j’aurai la chance de lire autre chose, sur ton blog, ici, par exemple… ^^

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    • Par Stephyn 02 Jan 2015 - 0 H 18
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      Aucune envie de reprendre un débat qui est explicitement représenté et débattu dans cette BD.
      Si tu n’es pas pas capable d’en comprendre le sens et le fondement c’est que tu l’as lu trop vite ou que tu es trop hermétique. Je t’invite à une relecture demain, ou plus tard, ou jamais. Bonsoir.

      Ps: Le lien du Tumblr pour lire la BD est au début de l’article.
      http://assigneegarcon.tumblr.com/

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    • Par Chris 02 Jan 2015 - 0 H 31
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      @stephyn, Cool pour le lien, ça tombe bien c’est mon anniversaire, enfin ma fête. 😉
      Bonsoir.

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    • Par Julia 02 Jan 2015 - 1 H 00
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      @Chris J’arrive en plein débat houleux, loin de moi l’idée de vouloir le corser davantage. Je crois comprendre que @Stephyn est calée et peut être militante mais que toi tu découvres et que tu aimes faire débat. Peut être Chris aimes-tu te faire l’avocat du diable avec ton « ironie vacharde »? Mais j’aimerais savoir le fond de ta pensée avec ces fameux « ^^ » et le reste… Tu dis : « quand une personne trans’ réfute l’identité sexuelle alors même qu’elle se qualifie dans un documentaire télé de transexuelle ». Je pense que tu n’arrives pas à prendre du recul sur le sujet, documentaire télé, t’appelles cela des références en matière d’infos? Que c’est la vérité et que « les transexuelles » ou autre terminaisons peu importe sont à classifier dans une même catégorie??

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    • Par Chris 02 Jan 2015 - 1 H 25
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      @juliadelyon, Intéressant mais il n’y a pas de débat, je répondais à des insultes. Quant au fond du débat concernant les trans je suis entièrement d’accord avec @stephyn.

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    • Par Stephyn 02 Jan 2015 - 1 H 28
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      @Julia Oulala De quelles catégories tu parles ?
      Tu risque d’entériner un quiproquo qui n’a pas lieu d’exister… Et encore moins d’après le sujet de départ…

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    • Par Stephyn 02 Jan 2015 - 1 H 36
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      Tu risques….
      Ainsi que de donner des arguments contraires qui font le beurre de tous les détracteurs confondus. 🙄

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    • Par Chris 02 Jan 2015 - 2 H 05
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      @stephyn, Eh oui, comme quoi il faut faire attention à ce qu’on dit. Bon, en même temps, moi, je dis que suis entièrement d’accord et je me fais insulter. Ah oui, j’oubliais, je dois me justifier pour avoir mis « ^^ ». Sérieux, c’est quoi votre secret ?

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    • Par Stephyn 02 Jan 2015 - 2 H 16
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      Secret ? Comme s’il y en avait un.
      Il serait plus simple à toi de dire dans quel sens tu as utilisé ce smiley ^^
      Tu ne crois pas ?
      Et en matière d’insultes tu serais gentil de ne pas inverser les rôles.

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    • Par Chris 02 Jan 2015 - 2 H 32
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      @stephyn, Oui, c’est à se demander si vous avez pris un truc… Non, parce je veux la même chose ! Euuuuuh excuse moi pour l’instant la seule personne ici qui insulte, c’est, c’est, c’est comment dire… toi. Au pire, relis tes com’. Bref. Un smiley, gentil, voilà son sens, c’est tout. C’est déconcertant je sais. 🙁

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  • Par oliporziou 02 Jan 2015 - 0 H 08
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    Bonjour,
    Je trouve très fort le regard porté sur l’assignation de genre dans cette BD. Cependant l’auteur.e n’est pas claire sur le lien entre organe génitaux et genre, parfois elle les distinguent et parfois non. Le passage (sur une des planches) sur un pénis qui serait en faites un gros clitoris me laisse perplexe.
    J’ai une deuxième réserve, pour une personne assignée comme mec à la naissance: son être peut se sentir en décalage avec cette assignation mais la réalité de son comportement (prise de parole ou écoute par exemple -dont elle parle dans une planche) est influencé par sa sociabilisation et la manière dont iel est visibilisé.e dans la société. Selon moi, il y a une différence entre le ressenti (je ne me sens pas mec) et la réalité matérielle (j’ai des comportements dominants de mec quand même), entre l’idée/l’absolu et le concret.
    Malgré ses remarques, merci à Sophie de visibiliser la domination masculine et l’hétéronormativité (et sa violence), et de laisser la place au non genre.
    Bon courage pour la suite à l’auteure
    Olivier

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    • Par Damia 02 Jan 2015 - 17 H 17
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      Concernant l’analogie pénis = clitoris, elle est tout à fait pertinente car le corps du pénis est constitué d’un organe qui est l’équivalent du clitoris. Mais quand je dis équivalent, ces deux organes découlent de la même structure lors de la formation de l’appareil génital à l’âge utérin.
      De fait, chez une MtF, dire que son pénis est un gros clitoris n’est pas dénué de sens. Chez les FtM il arrive également que ceux-ci préfèrent parler de « pénis atrophié » ou, plus sexy, de « dickclit ».
      Les analogies structurelles entre les appareils génitaux assignés masculins ou féminins peuvent aller plus loin si l’on considère la formation de ceux-ci. Ainsi les testicules et les ovaires découlent du même organe. Tout comme le scrotum et les petites lèvres découlent de la même structure de base. La peau du pénis et le vagin découlant de structures similaires également.

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    • Par oliporziou 02 Jan 2015 - 21 H 20
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      ok je comprend. c’est vrai que la réalité physique n’est pas aussi simple que clito/pénis cf l’intersexualité.
      mais est-ce que tu me parles aussi de personnes avec un clito ou un pénis distinguable comme tel ? si c’est la cas, certain.e.s trans ne font pas la distinction entre organes génitaux et genre social. et dire qu’un pénis (ou un clito) distinguable comme tel est en faites un gros clito (ou un pénis atrophié) sonne un peu comme de l’autopersuasion, nécessaire parce qu’une fille social doit avoir un pénis et un mec social un pénis. Là c’est mon ressenti à chaud.

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    • Par Stephyn 02 Jan 2015 - 22 H 00
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      Pas plus d’auto persuasion dans un sens que dans l’autre. Il suffit de réfléchir.
      Qui a inventé les termes « pénis » ou « clitoris » ?
      Comme Damia l’a dit les deux organes ont sensiblement les mêmes caractéristiques. Il n’y a que leur forme et leur implantation qui diffèrent suivant un programme hormonal lié aux chromosomes.

      Il est inutile de parler de « ressenti » à chaud ou à froid quand il s’agit de connaissances accessibles à tout le monde.

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  • Par oliporziou 02 Jan 2015 - 0 H 25
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    PS: pour complèter sur le réalité matérielle:
    – j’ai des comportements de mecs dominants quand même (même si je n’en ai pas conscience)
    – je n’ai pas vécu les oppressions féminines les plus courantes : pression à la maternité, idéalisation de la grossesse (évacuer la réalité de la douleur), gestion de la contraception etc (en cela les femmes trans comme les lesbiennes ne sont pas des femmes cf Monique Wittig)

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    • Par Damia 02 Jan 2015 - 17 H 22
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      Qui te dis qu’il existe des MtF qui ont totalement évacués leur comportement de mecs dominants ? Et qui te dis que des MtF n’ont pas vécu de pressions liées à la maternité justement (notamment pour celles qui ont bénéficié d’une SRS) ?
      Enfin, considérer que les femmes trans et les lesbiennes ne sont pas des femmes est un argument très spécieux. Le vécu d’une femme trans n’est certes pas le même que celui d’une femme cis. Toutefois, on se gardera de faire le distinguo entre l’idéal d’une femme dite de référence (Lafâme ™) et les autres, les inclassables (trans, lesbiennes).

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    • Par oliporziou 02 Jan 2015 - 21 H 09
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      Salut Damia

      merci d’abord d’avoir pris le temps de me répondre

      oui je comprend pour la SRS et la pression à la maternité. J’avais en tête que la réalité matérielle de la femme cis du fait de son utérus, créer une pression spécifique : elle peut tomber enceinte et son entourage (notamment la famille qui la voit comme femme depuis la naissance) ne la voit pas (et elle-même ne se voit pas ) comme accomplie sans enfant.

      pour ce qui est de la catégorie femme, en faites je l’envisageais pas comme un « idéal » mais plus comme une catégorie politique, une classe opprimée qui n’a d’existence que parce que la catégorie homme existe. Du coup pas vraiment comme une référence avec des inclassables (ce qui serait assez méprisant), mais plus comme une catégorie sociale avec comme objectif politique sa disparition/ son dépassement. Du coup je vois lesbienne et trans (mec et fille) comme des transgressions de classes.

      et je m’appuyais aussi sur la discussion que j’avais eu avec un mec trans qui me disait que d’après son vécu l’oppression vécu en tant que femme, lesbienne ou mec trans est à chaque fois spécifique.

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