Fauché par une voiture sur le marché de Nantes, Virgile Porcher est mort mercredi 24 décembre des suites de ses blessures. Son décès a suscité une grande émotion en France, rapporte metronews. Le don de ses organes a permis de sauver la vie de six personnes. Ce geste a été salué par le président de la République François Hollande qui a vu là un exemple de «fraternité, d’humanité». Pourtant, si Virgile Porcher avait voulu donner son sang, les établissements de collecte l’auraient refusé car il était homosexuel. Pour plusieurs personnalités, cela montre une contradiction dans le droit français.

Pour le président de SOS homophobie Yohann Roszéwitch, la discrimination existant à l’encontre des gays et des bis pour le don de sang fait de Virgile Porcher un «héros de seconde zone».

Le responsable associatif rapproche l’histoire de Virgile Porcher de celle de Tori Johnson, le gérant du café de Sydney, en Australie, où a eu lieu une prise d’otages. Un hommage lui a été rendu, mais plusieurs militant.e.s ont fait remarquer qu’en raison de son orientation sexuelle, il ne disposait pas des mêmes droits que les autres citoyen.ne.s de son pays, notamment en ce qui concerne la possibilité de se marier.

«LE PROBLÈME N’EST PAS L’ORIENTATION SEXUELLE»
Dans le cas de Virgile Porcher, le député Olivier Véran (PS) – auteur d’un rapport préconisant l’ouverture du don du sang aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) – parle «d’incohérence» dans une tribune publiée sur Le Plus. «Continuer à écarter de manière systématique les homosexuels me semble relever davantage de la “facilité” que de la rigueur scientifique, argumente l’élu. Et répétons-le, le problème n’est pas l’orientation sexuelle mais les pratiques à risque. Des pratiques que l’on peut tout à fait retrouver chez des hétérosexuels. D’ailleurs, la moitié des poches de sang contaminées (repérées et détruites) provient de personnes hétérosexuelles, et pour un quart de donneuses.»

L’orientation sexuelle n’est plus prise en compte dans le cas des transplantations depuis 2007. Mais pour le don du sang, l’évolution se fait attendre, relève le député.

«On aurait juste besoin d’un arrêté ministériel pour changer le formulaire que toute personne remplit avant la prise de sang, souligne Olivier Véran. Aux dernières nouvelles, nous attendons l’avis du Comité consultatif national d’éthique qui doit s’exprimer sur cette question depuis un an.»

En maintenant l’interdiction faite aux HSH de donner leur sang, la France se prive de donneurs qui pourraient à leur tour sauver des vies.

Le compagnon de Virgile Porcher et sa famille ont créé une adresse à laquelle il est possible d’envoyer un message de soutien: mercivirgile@gmail.com

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