Dans une interview au journal flamand De Morgen, l’évêque d’Anvers Johan Bonny a affirmé que l’Église catholique devrait reconnaître les mariages des couples de même sexe: «Nous devons chercher au sein de l’Église une reconnaissance formelle de la relationnalité qui est également présente chez de nombreux couples de même sexe, a-t-il déclaré. Tout comme il existe dans la société une diversité de cadres juridiques pour les couples, il devrait également y avoir une diversité de formes de reconnaissance au sein de l’Église.» Selon lui, un couple d’hommes ou de femmes peut tout à fait entrer dans le cadre d’un mariage religieux: «Les valeurs intrinsèques sont plus importantes pour moi que la demande institutionnelle. L’éthique chrétienne est fondée sur des relations durables où l’exclusivité, la loyauté et les soins sont au cœur de l’autre.» Il reconnaît aussi la possibilité à ces couples de fonder une famille: «Ensuite, il y a l’ouverture à une nouvelle vie, ou du moins la responsabilité prise par les partenaires d’être généreux dans ce qu’ils offrent aux enfants».

Peu avant le synode sur la famille en octobre dernier, Johan Bonny avait déjà fait part de ses convictions et avait exhorté le Vatican à se montrer plus tolérant envers les différentes façons de faire couple: «Celui qui veut entrer en dialogue doit se garder d’utiliser des qualificatifs qui se heurtent à la réalité vécue et résonnent donc de manière très humiliante» avait-il alors affirmé. Désormais cette prise de position favorable à la reconnaissance de couples d’hommes et de femmes et de leurs familles est loin d’être anecdotique, car Johan Bonny est pressenti pour prendre la succession de Monseigneur André-Joseph Léonard, l’actuel archevêque de Malines-Bruxelles et primat de Belgique, qui prendra sa retraite en mai 2015. Ce dernier tient un discours aux antipodes de celui de l’évêque d’Anvers concernant les couples de même sexes, et a commis plusieurs dérapages homophobes ces dernières années (il avait notamment qualifié le sida «de forme de justice immanente»), dérapages qui lui ont valu d’être entarté à deux reprises.

Aujourd’hui De Morgen a publié une tribune en réaction à cette prise de position de l’évêque d’Anvers, celle de l’auteur et DJ Tom de Cock. S’il salue le courage d’affirmer des opinions qui vont à contre-courant de celles de l’Église, il compare néanmoins ces déclarations à un cadeau de Noël décevant: «La reconnaissance ecclésiale des gays et lesbiennes en Flandre, c’est un peu comme ce chandail laid de Noël que vous recevez chaque année de la grand-mère: vous appréciez le geste, mais le lendemain, cette absurdité est dans une boîte pour une organisation humanitaire». D’après lui, Johan Bonny et son soutien aux gays, aux lesbiennes et aux bi.e.s pourront effectivement avoir un impact, mais sa portée sera davantage internationale qu’en direction de la société belge.

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