Les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) pourront désormais donner leur sang aux États-Unis, a annoncé hier, mardi 23 décembre, l’agence des produits alimentaires et médicamenteux (FDA). Mais cette autorisation sera réservée aux hommes n’ayant pas eu de relation sexuelle avec un homme depuis au moins un an. Citée par le New York Times, l’organisation Gay Men’s Health Crisis (GMHC) – dont on voit les débuts dans le film The Normal Heart – juge cette nouvelle politique de santé «insultante et blessante». Avec plusieurs autres associations, elle rappelle que des tests permettent désormais de déceler la présence de cellules contaminées en quelques jours.

AUGMENTATION DES DONS
Président d’Élus locaux contre le sida (ELCS), Jean-Luc Romero est sur la même ligne: «C’est déjà bien, mais un an, ça ne se justifie pas, a-t-il indiqué à Yagg. L’Italie et l’Espagne ont un délai bien plus court. Ces précautions ne font que stigmatiser la population homosexuelle. On devrait plutôt cibler les comportements à risque.» L’agence américaine a justifié sa position en expliquant que «pour le moment, il n’existe pas de certitude permettant de réduire la durée». La FDA espère voir son stock de sang augmenter de 2% à 4% selon les prévisions avancées par le New York Times. Mais elle devra se passer des 8,5% d’hommes américains qui ont confié avoir eu une relation sexuelle avec un homme au cours de l’année écoulée.

L’interdiction avait été instaurée en 1983, aux débuts de l’épidémie de sida. La FDA impose la même durée d’un an pour les personnes ayant voyagé dans des régions touchées par la malaria et pour les personnes ayant eu des relations sexuelles avec travailleurs/ses du sexe et des personnes qui s’injectent de la drogue. L’ouverture limitée pour les HSH place désormais les États-Unis au même rang que le Royaume-Uni, l’Australie et la Suède. Mais toujours devant la France où il suffit qu’un homme ait eu une relation sexuelle avec un homme pour être interdit à vie de donner son sang.

Photo Capture