Le budget de la région Île-de-France pour 2015 a été voté ce vendredi 19 décembre. Sur les cinq milliards d’euros budgétés, 300 000 vont être consacrés à l’aide aux jeunes LGBT en difficulté, cela grâce aux élu.e.s d’Europe Ecologie Les Verts qui ont porté un amendement dans le cadre du budget Développement social et Santé de la Région. L’objectif est de créer «une offre d’hébergement incluant l’accompagnement psychologique, juridique et social par des professionnels formés.»

COMMENCER PAR CONNAÎTRE LES BESOINS
Contactée par Yagg, Laure Lechatellier, la Vice-présidente en charge du Développement social et de la Santé, donne de plus amples de détails sur en quoi va consister ce «soutien à l’accueil et l’hébergement des jeunes LGBT en rupture familiale»: des fonds vont-ils être attribués à des structures déjà existantes? De nouvelles vont-elles être crées pour être dédiées aux jeunes LGBT? «Tout d’abord, ce ne sont pas des crédits qui vont être fléchés sur une structure en particulier, tient-elle à rectifier. Ce que nous avons voulu faire avec cet amendement, c’est déjà entamer une réflexion, réfléchir à ce qu’on peut construire. Le premier constat, c’est qu’il faut des données, or on sait qu’il y en a peu sur le phénomène des jeunes LGBT en rupture familiale et en situation de précarité. Il faut commencer par faire un état des lieux, grâce à une étude quantitative et qualitative, pour connaître les besoins sur le territoire, et ensuite accompagner un porteur de projets.»

FORMER LES PROFESSIONNEL.LE.S, UNE NÉCESSITÉ
Pour l’élue d’EELV, certaines initiatives peuvent servir de base: «Une piste qui peut être intéressante, c’est la formation des futur.e.s travailleurs/euses sociaux/ales aux problèmes que rencontrent ces jeunes LGBT. C’est une piste qui ne coûte pas très cher, mais qui peut apporter beaucoup. L’idée pourrait être de s’appuyer sur ce qui a déjà été réalisé pour aider les femmes victimes de violences. Un module avait été mis en place auprès des professionnel.les pour les former à identifier les femmes en souffrance et à reconnaître certaines situations pour ensuite être en mesure d’apporter des solutions, quand les personnes n’ont pas forcément les mots pour exprimer leur situation. C’est ce genre de choses que l’on peut mettre en place.»

«Nous devons travailler sur l’ensemble de la chaîne, et pas se contenter de construire des structures. On ne peut pas accepter l’amateurisme, les jeunes LGBT sont un public particulier, qui a des besoins spécifiques.»

Cet amendement, Laure Lechatellier s’en dit «très fière», d’autant qu’il a fait globalement consensus: «La majorité a voté favorablement, tandis que la droite s’est abstenue.» En effet les deux groupes de droite se sont abstenus, la conseillère régionale UDI Ségolène Missoffe parlant d’une «abstention bienveillante», ce qu’a confirmé Roger Karoutchi pour le groupe UMP. «Mais il n’y a pas eu toutefois d’opposition violente, insiste Laure Lechatellier et j’ai été agréablement surprise de ne pas entendre de commentaires, après une telle libération de la parole homophobe lors des débats sur le mariage pour tous. Maintenant, il va falloir travailler, et il reste une petite année avant le changement de mandature, alors j’aimerais vraiment voir se réaliser une étude pour lancer cette initiative sur le territoire»