Le site d’informations LGBT suisse 360° révèle que Mona Iraqi la journaliste pour la chaine de télévision privée Al Kahera Wal Nas qui s’est vantée d’avoir aidé les forces de l’ordre égyptiennes à arrêter plusieurs personnes dans un sauna du Caire le 7 décembre, est aussi coordinatrice pour un festival international de courts-métrages suisse, Schnit. Pour rappel, la police a fait une descente dans un sauna du Caire , qui a été filmée par des caméras de télévision. Plus d’une vingtaine de personnes ont été arrêtées. Mona Iraqi souhaitait montrer aux téléspectateurs/trices «les causes de la propagation du VIH».

Comment une personne parlant d’un sauna pour hommes comme d’un «nid de perversion» peut-elle participer à un tel événement culturel tel que Schnit? Dans un communiqué publié sur le site du festival, Mona Iraqi a affirmé n’avoir aucun problème avec les LGBT: «Mon reportage portait sur des réseaux de prostitution dans des lieux publics, ce qui est interdit dans la loi égyptienne», s’est-elle défendue. Un discours en totale contradiction avec les propos clairement homophobes qu’elle a tenu à la télévision égyptienne. Depuis, ce communiqué officiel a finalement été retiré du site du festival.

Plusieurs organisations de défense de droits humains ont contacté le festival, l’inciter à réagir au plus vite. Un communiqué de presse a finalement été diffusé le 18 décembre, dans lequel le directeur du Schnit, Olivier van der Hoeven, a rappelé les engagements de cet événement culturel: «Schnit a une fière et longue histoire de soutien et d’inclusion de films, de réalisateurs/trices et de publics de toutes orientations sexuelles, de toutes origines ethniques, et parcours de vie venant de chaque coin du monde. Le festival est exclusivement un événement artistique qui ne soutient aucun mouvement politique. Nous croyons profondément en la liberté du style de vie et d’expression et nous condamnons toute violation des droits humains quelqu’en soit la forme. (…) En ce moment la collaboration avec Mona Iraqi est suspendue jusqu’à ce que la situation soit clarifiée. Nous soulignons à nouveau que ce problème est pris très au sérieux et examiné en interne. Nous garantissons que le festival prendra des mesures appropriées et fera une déclaration officielle une fois que l’enquête aura rendu ses conclusions.»

Selon 360°, les 26 hommes arrêtés, 21 clients et 5 employés ont été inculpés et leur procès doit commencer aujourd’hui. A cette occasion, des militant.e.s égyptiens ont lancé une action de protestation en ligne pour dénoncer les pratiques de certaines journalistes, qui comme Mona Iraqi, collaborent avec le police. Chacun.e peut participer sur les réseaux sociaux en utilisant le hashtag #مخبر_اعلامي ou en anglais #StopInformerJournalists.

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