L’outing de Florian Philippot dans les pages du magazine Closer n’en finit pas de provoquer des réactions. Cette fois-ci c’est l’avocat et maître de conférences à Sciences-Po Paris, Nicolas Gardères, qui tacle l’hypocrisie autour d’une certaine idée de la vie privée à géométrie variable en fonction de l’orientation sexuelle dans une tribune sur le site de Libération, «Florian Philippot et les homophobes angéliques».

«Il y a quelque chose de profondément désagréable et injuste à voir des moments de sa vie privée captés à son insu et publiés dans la presse, reconnait-il dans son introduction, d’autant plus quand la personne concernée n’a jamais fait usage de sa vie privée à des fins de communication politique.» Mais tout comme le journaliste Jean Quatremer le faisait sur son blog, il critique un «concert unanime de réprobation, sur un ton de tragédie et de démocratie menacée»:

«Or, ces réactions, aussi exagérées que bienveillantes, masquent un non-dit profondément homophobe. En effet, imagine-t-on une seconde pareil consensus indigné si Florian Philippot avait été photographié, dans les mêmes conditions, mais aux côtés d’une femme? En réalité, il existe dans ce consensus l’idée d’une sorte de droit renforcé au respect de la vie privée pour motif d’homosexualité.»

Pour démontrer son propos, il s’appuie finalement sur sa propre expérience d’hétérosexuel vivant dans une société hétéronormée, qui n’a donc jamais envisagé l’idée de devoir faire son coming-out: «En un sens, l’homosexualité ne devrait pas avoir à être une dimension de la vie privée. J’ai, pour ma part, toujours vécu mon hétérosexualité de manière extrêmement sereine, sans craindre la réaction de ma famille, de mes amis ou de mon milieu professionnel. Je n’ai jamais eu à considérer, comme je crois, n’importe quel autre hétérosexuel, que cette dimension de ma vie, relevait de ma vie privée. Ainsi, l’orientation sexuelle n’est réellement une dimension de la vie privée (au sens de ce qui doit être protégé par la loi et les tribunaux), que pour les homosexuels.»

Florian Philippot a porté plainte contre Closer et réclame 50000 euros de dommages-intérêts. L’audience a été fixée au lundi 22 décembre.

Une tribune à lire sur le site de Libération.

Photo Gauthier Bouchet