Depuis le 20 novembre, Junior Mayema vit à San Francisco. À 27 ans, il a fui le Congo car sa famille le torturait en raison de son homosexualité. «Ma mère est pastoresse et elle a essayé de me tuer, a-t-il confié au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). C’était très intense. Imaginez: elle m’a porté pendant neuf mois et elle a projeté de me faire mourir. Je ne pouvais pas le croire.»

TABASSÉ PAR LA POLICE
Pour assurer sa propre sécurité, il a quitté Kinshasa et la République démocratique du Congo en 2010 pour se rendre en Afrique du Sud, plus protectrice à l’égard des LGBT, au moins sur le papier. Sur place, Junior Mayema a toutefois rapidement déchanté. Il a fait une demande d’asile et contacté le UNHCR au cours de ses recherches. Bien lui en a pris puisqu’il a eu affaire à un officier de police peu coopérant lorsqu’il a dû justifier sa demande d’asile. «Le policier m’a dit: “Si je n’aime pas les homos, qu’est-ce que tu vas faire?” J’ai cru qu’il allait me refuser l’asile, mais je lui ai dit que j’avais pris contact avec le HCR. Il est parti parler avec d’autres personnes et quand il est revenu, il m’a dit qu’il m’accordait l’asile.»

La vie de Junior Mayema à Cape Town ressemblait toutefois par bien des aspects à celle qu’il menait à Kinshasa. Son propriétaire homophobe surveillait ses fréquentations, veillant à ce que seules des femmes pénètrent dans l’appartement. Après avoir été frappé par son propriétaire, le réfugié congolais a porté plainte mais il affirme avoir été emmené à l’arrière du commissariat où il a été passé à tabac. Il s’est ensuite rapproché d’une association locale pour porter plainte contre la police.

Junior Mayema a rapporté les abus dont il a été la victime au UNHCR et fait une demande auprès de l’organisation internationale qui l’a aidé à se rendre aux États-Unis. «Cela montre comment la communauté internationale peut prendre les devants et aider des réfugié.e.s LGBTI victimes de violences dans leur pays d’asile et qui doivent être mis.es à l’abri ailleurs», a indiqué l’agent du UNHCR qui s’est occupé de Junior Mayema. Selon lui, l’organisation internationale gère d’autres cas similaires en Afrique du Sud qui abrite 65000 réfugié.e.s et 230000 personnes en demande d’asile.

Photo UNHCR/T. Ghelli