Il est seul sur scène, accompagné d’une pianiste. Nous le rencontrons le dernier jour de son incarcération. Il raconte sa vie en prison, ses années de détention en s’adressant à son amant et ancien compagnon de cellule, Mario. Cet homme est pyromane et il a détruit des vies par sa fascination dévastatrice du feu. Pour son premier jour de liberté, il se reconstruit en une autre, Yolanda, en hommage à Dalida. Une pièce fascinante, première œuvre d’Olivier Pochon, qui répond aux questions de Yagg.

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire cette pièce? C’est en lisant le journal de Jean-Luc Lagarce que j’ai eu l’idée d’écrire Yolanda, le premier jour. Il évoquait un fait divers, l’incendiaire de Belfort. Une de ses amies était avocate des victimes et Lagarce manifestait son désarroi face à la plaidoirie sur la déviance sexuelle, la marginalité conduisant au meurtre de jeunes «innocents, normaux et travailleurs». Jean-Luc Lagarce avait peur à l’époque pour ce «pauvre animal perdu» qui allait entrer en prison. Lagarce est mort du sida en 1995.  Je me suis alors basé sur certains éléments d’un article paru le 6 avril 1989 dans le Nouvel Observateur pour construire mon personnage: sa fascination pour Dalida, le travestissement, le feu, sa relation difficile avec un père autoritaire. Néanmoins, j’ai voulu que ma pièce reste une fiction. Vingt-cinq ans après les faits, j’ai donc imaginé le dernier jour d’incarcération de cet homme. Au rythme des chansons de Dalida, il fait le bilan de sa vie en évoquant ses passions, ses drames, ses bonheurs, ses espérances. Une mue sur scène qui lui permet de sortir sous une nouvelle identité. En sortant, il sera Yolanda.

Pourquoi avoir choisi ce titre, Yolanda, le premier jourLe titre est en lien direct avec Dalida. Yolanda est son prénom d’origine, la face cachée, l’intime de la star. Le personnage de ma pièce choisit ce prénom pour sa vie future. Il souhaite aller vers la lumière. Il a purgé sa peine, Yolanda n’est pour rien dans ce drame. «Le premier jour» est un premier jour de liberté, une renaissance pour lui. C’est aussi une référence au Sixième jour, la dernière chanson de Dalida avant son suicide.

Comment avez-vous sélectionné les chansons de Dalida présentes dans le spectacle et que vous interprétez? Elles ont été sélectionnées en fonction de leurs paroles qui évoquaient le feu, la passion mais aussi en fonction de leur date de parution car je voulais couvrir au maximum le long et fabuleux parcours de Dalida. Je chante donc Histoire d’un amour, qui date de 1957,  Je pars (1958), Paroles, paroles (1973), Laissez-moi danser (1979), Alabama Song, reprise de Kurt Weil en 1980, Une femme à 40 ans (1981), Femme sur une musique de Charlin Chaplin et Mourir sur scène de 1983, Pour te dire je t’aime reprise de Stevie Wonder de 1984, Les Hommes de ma vie (1986).

Yolanda, le premier jour, à la Folie Théâtre, jusqu’au 28 février.

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