[Mise à jour, 18 décembre] La tribune de Nicolas Rividi ayant été éditée, certains extraits ont été modifiés en conséquence

Alors qu’une nouvelle photo d’un «couple imaginaire» a été postée il y a quelques jours, présentant la comédienne Virginie Lemoine et l’ex-ministre du Logement Cécile Duflot, l’un des porte-parole de l’Inter-LGBT, Nicolas Rividi, a publié une tribune intitulée Non, nos couples ne sont pas imaginaires dans laquelle il critique vertement les méthodes du photographe Olivier Ciappa et l’invisibilisation des vrais couples de même sexe au travers des ces «Couples imaginaires».

«Nos couples n’ont rien d’imaginaire, ils existent, et depuis longtemps, écrit Nicolas Rividi. Le mouvement n’avait pas besoin de ces “images positives et belles” qu’Olivier Ciappa a la prétention d’avoir produite. En laissant croire qu’un couple gay ou lesbien est une chimère, pure produit d’un fantasme artistique, il renforce l’idée que ces couples n’existent pas vraiment. Il aurait été en revanche beaucoup plus intéressant de montrer la réalité de couples d’hommes ou de femmes, loin des paillettes du show business.»

Dans cette virulente tribune, celui qui se présente comme «chroniqueur militant» dénonce la façon qu’a le photographe de tirer la couverture à lui – il raconte la rencontre avec l’Inter-LGBT, sans préciser le nom de l’organisation – et regrette le manque de discernement avec lequel son travail est accueilli.

«Durant cette période Olivier Ciappa est devenu intouchable, la dégradation de son exposition devant la mairie du IIIe arrondissement en a fait une icône, et les politiques adorent les icônes, souligne Nicolas Rividi. Elles offrent une conscience à peu de frais quand l’engagement personnel manque de panache. Il n’était plus question de pouvoir formuler la moindre critique au sujet de son travail.»

«Il est affligeant de voir qu’après un an et demi de mariage pour tous, nos couples sont encore considérés comme imaginaires, fantasmés, conclut-il. Persuadé de lutter contre l’homophobie, Olivier Ciappa promeut en fait une vision très hétérocentrée des couples de personnes de même sexe. Je ne suis pas sûr que les LGBT se reconnaissent beaucoup dans ces scènes artificielles et monochromes. Je ne suis pas certain non plus qu’elles contribuent à changer l’image des couples de personnes de même sexe dans la société.»

Une tribune à lire sur LePlus.