Le 10 septembre dernier, Lizzie Lowe, une adolescente de 14 ans, a été retrouvée pendue dans un parc de Didsbury, une ville de la banlieue de Manchester. Sous le choc, ses parents, ses camarades d’école et ses professeurs ont été dévasté.e.s par le geste incompréhensible de cette jeune fille enjouée et intelligente, qui s’investissait dans de nombreuses activités culturelles et sportives. Aujourd’hui, les raisons qui ont poussé Lizzie Lowe à mettre fin à ses jours semblent plus claires, mais non moins bouleversantes.

UNE JEUNE FILLE EN SOUFFRANCE
L’enquête a révélé que la jeune adolescente pensait être lesbienne et craignait de faire son coming-out auprès de ses parents. Elle aurait craint leur réaction en raison de leur croyances chrétiennes. Plusieurs de ses ami.e.s ont été entendu.e.s par les enquêteurs/trices: «Elle disait qu’elle n’était pas sûre que ses parents soient ok avec ça. Je lui ai dit que je ne pensais pas que ça se passerait comme ça, mais elle ne voulait pas leur dire», a déclaré une proche de Lizzie au sujet de son homosexualité. Une autre personne proche de l’adolescente a affirmé qu’elle trouvait «difficile d’être connectée à Dieu»: «Elle avait l’impression de lui mentir». Une autre personne a évoqué le fait que Lizzie Lowe s’était déjà auto-mutilée. Le père de la jeune fille, Kevin Lowe, affirme n’avoir jamais détecté les difficultés de sa fille: «Elle était normale et semblait heureuse. Rien ne laissait penser qu’elle était angoissée ou qu’elle avait des problèmes. Elle était très mature, elle savait ce qu’elle voulait et pensait par elle-même.» L’homme a mentionné la possibilité du coming-out de Lizzie:

«Ça n’aurait pas été une surprise. Elle était plutôt garçon manqué. En fait, elle était plus garçon que certains garçons, alors ça n’aurait pas été du tout une surprise. Nous lui aurions apporté notre soutien.»

L’officier de police chargé de l’enquête Nigel Meadows a fait part de ses conclusions: «C’était une élève qui réussissait, mais qui avait des problèmes de développement de la maturité et pour explorer sa sexualité, et elle se débattait pour être en accord avec ses croyances. Il est évident qu’elle luttait et elle en parlait avec d’autres. Elle n’a jamais eu l’opportunité de partager ses inquiétudes avec ses parents. Mais j’ai la certitude qu’ils l’auraient soutenue.» Après avoir perdu leur enfant, les parents de Lizzie ne peuvent aujourd’hui que regretter que leur fille n’ait pas réussi à s’ouvrir à eux: «Lizzie n’a pas parlé de sa lutte contre la dépression et les défis qu’elle essayait de surmonter en tant que jeune adulte. Nous aurions voulu qu’elle se confie car elle aurait reçu tant d’amour, d’acceptation et de soutien.»

Ruth Hunt, directrice exécutive de l’organisation Stonewall, a réagi à la nouvelle sur Twitter, appelant à agir concrètement en direction des responsables religieux: «Les ami.e.s de Lizzie Lowe ont dit qu’elle était inquiète au sujet de sa sexualité. Si c’est aussi votre cas, parlez-en à un adulte de confiance. Et s’il vous plaît si vous avez un quelconque pouvoir dans vos communautés religieuses, affirmez bien dans vos congrégations que vous soutiendrez les personnes LGBT»

Photo RIP Lizzie Lowe (Facebook)