«Une année combattante» titrent Les Inrockuptibles pour parler de l’année 2014. Un clin d’œil aux Combattants, dans lequel brille Adèle Haenel. Sauf que là, elle porte la chanteuse Christine and The Queens. Dans les pages du magazine, en ouverture d’un dossier qui donne aussi la parole à d’autres figures du monde de la culture et de la politique, l’actrice, qui a fait son coming-out lors de la cérémonie des César en février dernier, et l’artiste bie, dont le premier album a été l’une des révélations musicales de 2014, reviennent sur cette année qui les a vues monter en flèche.

Toutes deux s’accordent à dire que le féminisme a joué un rôle important au cours des derniers mois, notamment en raison de sa réappropriation dans la musique pop. Pour Adèle Haenel, l’idée que ce mot demeure clivant est une bonne chose en soi: «Si le mot perd sa connotation violente alors que le système reste le même, c’est encore plus un problème… Quand je vois le mot “féminisme” derrière Beyoncé dans son show, sur le moment je suis contente. Mais après j’ai des doutes. Là où on est de toute façon foutues, c’est que nous avons une forme d’intériorisation de la honte qui est plus puissante que tout.»

Beyoncé

«Le problème est peut-être aussi de vouloir mesurer les degrés de féminisme, de discuter le droit de Beyoncé à l’être sous prétexte qu’elle porte des bodys, a complété Christine and The Queens. Je trouve ça cool que dans son album il y ait des fragments de discours féministes. Je conçois la pop comme un cheval de Troie.»

Une autre diva a marqué l’année aux yeux du réalisateur gay Loïc Prigent: la gagnante de l’Eurovision Conchita Wurst. C’est à elle qu’il doit sa phrase préférée, «On n’a qu’une vie, autant qu’elle soit fabuleuse». Une réflexion que le metteur en scène gay Thomas Jolly semble avoir fait sienne tant cette année fut chargée et marquée par les trois représentations de Henry VI, une création de 18 heures sur laquelle il travaille depuis 2010.

L’orientation sexuelle de ces personnalités n’est pas explicitée par les Inrocks. En 2014, le combat de la visibilité n’est pas totalement gagné.