Faire son coming-out peut changer des vies. En évoquant son homosexualité devant sa classe, un instituteur britannique a contribué à faire évoluer les mentalités. Il ne l’avait jamais fait jusqu’ici, alors que ses collègues mentionnent sans la moindre gêne leur conjoint.e ou la personne avec qui ils/elles vivent. Durant une semaine dédiée à la lutte contre le harcèlement, il a demandé à ses élèves combien avaient entendu le mot «homo» utilisé comme une insulte. Presque tou.te.s ont levé la main, a-t-il confié à PinkNews. Il a ensuite demandé aux élèves de lever la main si à leur avis, être homo était une mauvaise chose. Là encore, la quasi-totalité de la classe a levé la main.

Avec le soutien de la direction de l’établissement, l’instituteur a décidé d’annoncer à ses élèves qu’il est gay. «Leurs réactions ont été fantastiques, se souvient-il. Beaucoup ont repris leur souffle, ont eu des regards surpris et ont posé des questions très simples – avez-vous un petit ami, etc. – mais au bout de quelques minutes, tout le monde est passé à autre chose et on a continué le cours.» Quelques jours plus tard, parmi les divers formulaires qu’il reçoit chaque matin concernant les rendez-vous médicaux et les voyages scolaires, l’instituteur a reçu la lettre suivante d’une de ses élèves âgée de 9 ans:

«Cher monsieur R.,

Même si vous êtes gay, je vous traiterai comme je l’ai toujours fait. Je vous considère de la même façon qu’avant. Vous êtes un enseignant génial et voici quelques mots que j’utiliserais pour vous décrire: génial, exceptionnel, fantastique, brillant, prodigieux et courageux. Je dis brave parce que vous avez partagé avec nous un secret personnel et c’était très brave. Vous n’avez pas à avoir peur parce que je sais que tout le monde en classe pense comme moi.

A.

PS: Nous sommes tou.te.s fièr.e.s de vous.»

L’instituteur confie «avoir eu les larmes aux yeux». «Il m’a fallu un moment pour que je puisse me reprendre, a-t-il ajouté. Quand je l’ai remerciée, elle a simplement haussé les épaules et répété quelque chose qu’un autre garçon de la classe avait dit pendant le cours: “C’est juste votre vie”. Et elle est retournée à son devoir de maths.» Tout comme ses collègues, l’enseignant se sent désormais libre de parler de son fiancé.

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