Lundi matin, le numéro 2 du Front national s’exprimait enfin sur les images dévoilées par le magazine people Closer la semaine dernière. Aujourd’hui, c’est au tour du journaliste qui était à ses côtés lors de ce week-end à Vienne, de prendre la parole. Le site Rue89 vient de publier sa lettre ouverte, dans laquelle il s’adresse notamment à la directrice de Closer, Laurence Pieau. Une lettre ouverte, écrite cependant sous le pseudonyme Tyto Alba: «Au téléphone, il a insisté pour que son identité ne soit pas dévoilée, afin de minimiser les menaces et autres désagréments qu’il subit depuis la publication de Closer», explique Pascal Riché, le rédacteur en chef de Rue89.

«VICTIME NON PAS D’OUTING MAIS D’AMALGAMES»
Dans cette lettre, l’auteur exprime sa volonté de préserver sa vie privée, et le fait qu’il n’a jamais souhaité être sous le feu des projecteurs: «Certains cherchent la lumière, d’autres pas, et il est important de respecter ce choix. Je n’aspire pas non plus à être un symbole. Mon temps est consacré à essayer de faire correctement mon travail à mon modeste niveau. Travail qui n’a par ailleurs rien à voir avec la politique.» « Tyto Alba » estime qu’il a été utilisé pour «illustrer l’homosexualité de monsieur Philippot, à grand coups de mains qui se chevauchent par jeu de perspectives»: «Vous saviez que je serais victime collatérale, poursuit-il toujours en s’adressant à Laurence Pieau. «Victime non pas d’outing, mais d’amalgames que vous initiez. En me présentant comme le petit ami du vice président du Front National, il apparaissait évident que mes sensibilités politiques seraient associées avec celles de ce parti. Ce n’est pas le cas, et vous le saviez.»

UNE ATTEINTE A SA PROFESSION ET SA VIE PRIVEE
Malgré l’absence de son nom, et malgré le floutage des photos, Tyto Alba affirme que ces photos l’exposent de façon dangereuse: «Il apparaissait inévitable que je sois la cible de menaces de mort, d’une chasse à l’homme venant s’ajouter à la violence de cette exposition. Et que mon image soit marquée de façon indélébile au sein de ma profession.»

En conclusion, l’auteur de la lettre accuse plus ou moins ouvertement Laurence Pieau, et sans doute la presse people en général, de causer des dégâts irréversibles: «Avant de retourner dans l’anonymat auquel j’aspire, j’ai une dernière chose à vous dire. La vie personnelle stable et rangée dont je bénéficie m’est indispensable pour surmonter une épreuve aussi lourde. Il vous faudra sans doute un suicide pour que vous compreniez. Par chance pour vous, ça ne sera pas le mien.» Au final, s’il fustige les atteintes à sa vie privée, jamais Tyto Alba ne fait finalement état du paradoxe qu’un cadre d’un parti qui affiche des positions anti-égalité en se drapant dans l’anti-communautarisme soit gay.