Le projet «Security-in-a-box» a été élaboré par les ONG Tactical Technology Collective et Front Line pour «protéger les défenseurs des droits humains et toutes les personnes qui luttent de façon non violente en faveur des droits fondamentaux garantis par la Déclaration universelle des droits de l’Homme, qui se trouvent dans des situations à risque», indiquent les auteur.e.s du projet. Concrètement, il s’agit d’un guide sur les bonnes pratiques à adopter pour naviguer de façon sûre sur Internet quand on est une personne LGBTI en Afrique subsaharienne.

«TOUT CE QUE VOUS TAPEZ PEUT ÊTRE COPIÉ»
Les responsables de ce projet ont remarqué que «les réseaux sociaux et les sites de rencontre restent un moyen répandu de prendre pour cible les personnes LGBTI, via l’accès à leurs pages personnelles (blogs, adresses email, comptes Twitter et Facebook). De même, l’utilisation de leurs données et parfois de leurs photos dans le but de chantage ou de “dénonciation” à leurs familles, (via la mise en place de faux comptes par la police et autres personnes pour les piéger) peut mener à des menaces, à des scandales, voire à leur arrestation.»

Dans le guide figurent par exemple des informations pour se protéger lorsque l’on se connecte à Internet depuis un cybercafé. «Évitez les cybercafés où il vous faut déclarer votre identité», recommandent les auteur.e.s en préconisant d’utiliser des systèmes d’exploitation et des logiciels spécifiques pour assurer la confidentialité des données. «Partez du principe que tout ce que vous tapez peut être copié et partagé, y compris vos mots de passe et tout le contenu de votre clé USB ou des CD/DVD que vous connectez aux ordinateurs de cybercafés», rappellent les auteur.e.s du guide.

APPLICATIONS DE RENCONTRE DÉCONSEILLÉES
Des conseils pour l’utilisation des sites de rencontre sont également prodigués. Le recours à des applications mobiles est toutefois fortement déconseillé car il n’y a alors pas de connexion sécurisée et que le téléchargement d’une application comme GrindR ou Scruff «les liera directement à votre identifiant Apple ou à votre compte Google», préviennent les auteur.e.s du guide. L’opérateur mobile peut également disposer de cette information. Toute une section du guide est consacrée à l’utilisation sûre du smartphone.

Ces recommandations ont été élaborées en collaboration avec les communautés LGBTI locales, précisent les auteur.e.s, mais elles peuvent également être valables dans d’autres régions du monde que l’Afrique subsaharienne où les personnes LGBTI sont pourchassées et traquées. Le guide est disponible en plus de 15 langues.

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