Au terme de six jours d’occupation ininterrompue de l’hôtel de ville de Séoul, les militant.e.s anti-discrimination qui ont investi les lieux samedi 6 décembre les ont quittés ce jeudi 11 décembre, après qu’une partie de leurs revendications ont été réalisées. Les militant.e.s reprochaient au maire de la ville, Park Won-soon, de refuser de promulguer une Charte des droits humains contenant des dispositions en faveur des personnes LGBT. Finalement, la Charte a pu être proclamée lors de la journée des droits humains qui a eu lieu hier, mercredi 10 décembre. Mais le maire ne l’a pas signée pour autant et elle n’a donc pas de valeur juridique.

«EXCUSES INADÉQUATES ET INSATISFAISANTES»
Sur place, les manifestant.e.s s’étaient senti.e.s particulièrement «trahi.e.s» parce qu’après avoir déclaré dans un journal de San Francisco qu’il souhaitait que le mariage soit ouvert aux couples de même sexe, il s’était ensuite rétracté auprès de groupes chrétiens coréens en déclarant même: «Je ne suis pas favorable à l’homosexualité», rapporte Minhee Ryu du collectif Rainbow Action. Ce mercredi, il a rencontré des responsables du mouvement de protestation et a présenté ses excuses en ces termes: «C’est pour moi l’occasion de vous réconforter pour la peine que j’ai causée et je vous demande pardon. Quelles que soient les incompréhensions et les déclarations, aucun.e citoyen.ne ne fera l’objet de discrimination ou de défaveur. Je ferai en sorte de chercher des moyens concrets de résoudre les difficultés auxquelles vous êtes confronté.e.s.»

Lors de la déclaration publique qui a suivi, il s’est montré moins concerné, ont jugé les militant.e.s. «Le maire a vaguement dit qu’il “regrettait d’avoir été à l’origine de ce sit-in”», déplorent les responsables de Rainbow Action dans un communiqué, qui jugent ces excuses «inadéquates et insatisfaisantes». Les militant.e.s réclament toujours la ratification de la Charte et l’adhésion des pouvoirs publics au respect des droits humains. À leurs yeux, même si tous leurs objectifs n’ont pas été atteints, ce mouvement de protestation a permis à des militant.e.s de diverses causes – droits humains, personnes handicapées, droits des femmes, droits civiques, syndicats de salarié.e.s – de se retrouver et de s’inspirer les un.e.s les autres pour les combats qu’il faut encore mener.

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