Monde | 10.12.2014 - 10 h 57 | 0 COMMENTAIRES
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Seize voix de femmes pour comprendre la lesbophobie en Afrique de l’Ouest

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Anna, Renée, ou Djibril racontent leur vécu et les comportements violents que suscite leur orientation sexuelle.
qayn 16 voix

Depuis le 24 novembre, l'association QAYN publie chaque jour des témoignages de femmes lesbiennes, bies ou queer, ou qui ont des rapports sexuels avec femmes, vivant au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, au Sénégal ou au Togo. Confrontées à la violence en raison de leur orientation sexuelle, chacune raconte le rejet de leur famille, ou le harcèlement qu'elles peuvent subir dans la rue ou à l'école. L'association a publié ces 16 témoignages illustrés par Xonanji et l'association tunisienne CHOUF retranscrits, mais aussi en version audio pour entendre ces voix.

«Ma première expérience a été faite dans la cellule familiale avec mon papa, ma maman lorsque des racontages ont été faits, des dits sont arrivés, des gens ont commencé à parler, des gens leur ont dit que votre fille est lesbienne, votre fille passe son temps avec des lesbiennes, raconte Renée, une Camerounaise de 24 ans. Il y avait des filles qui étaient reconnues comme telles dans la ville et dès qu’on m’a vu marcher avec elles, on a commencé à me taxer de lesbienne. Mon papa m’a réprimandée, il m’a violentée que ce soit verbalement, que ce soit physiquement et m’a dit qu’il ne voudrait plus me voir avec ces genres de filles, qu’il n’aimerait plus que je fréquente ces genres de filles et qu’il voulait que ces ragots cessent parce que si j’arrêtais ça, ça allait cesser.»

16 VOIX, 16 EXPERIENCES : RENEE (Cameroun) by Qayn on Mixcloud

Au Togo, A. affirme qu'il est difficile de chercher du soutien, car les premières remarques homophobes viennent le plus souvent de l'entourage: «C’est les proches qui nous indexent parce qu’ils nous connaissent, ils nous voient par rapport à notre habillement. Et parfois ça vient aussi d’un inconnu dans un groupe quand on te voit t’habiller, marcher ou bien devant un groupe on dit eux c’est tant bon, on nous inflige les mots qu’il faut. Même à haute voix quoi pour que tu entendes parce que tu ne peux pas te défendre.»

16 VOIX, 16 EXPERIENCES : A (Togo) by Qayn on Mixcloud

Domi, une Burkinabée de 33 ans qui se définit comme lesbienne, affirme quant à elle que le fait de ne pas correspondre physiquement à certains stéréotypes l'expose au risque d'être stigmatisée: «Pour moi la violence basée sur le genre c’est une personnalité qu’on dégage qui ne répond pas aux attentes de sa société ou de sa communauté tout simplement parce que je me dis que quand on parle de genre, il y a le genre typique. On peut être un homme et on attend quelque chose de ton genre. Si toutefois tu choisissais un chemin qui n’a rien à voir avec ceci, tu es stigmatisé, tu es mal vu, tu es indexé d’office. Si tu es une femme qui ne répond pas aux normes ou aux attentes de ton genre dans ta communauté aussi, tu seras tout droit pointée du doigt.»

16 VOIX, 16 EXPERIENCES : DOM (Burkina Faso) by Qayn on Mixcloud


Illustration
Xonanji

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Photo du profil de Maëlle Le Corre
Publié par
Journaliste de Yagg.
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