Les Jeux d’hiver de Sotchi auront peut-être eu le mérite de faire réagir le Comité international olympique (CIO) qui s’était plié devant la Russie malgré l’existence de lois homophobes. Après avoir mis en place une clause de non-discrimination pour les prochains Jeux olympiques, l’organisation internationale a voté à l’unanimité hier, lundi 8 décembre, une modification du 6e paragraphe des Principes fondamentaux de l’olympisme pour y inclure l’interdiction des discriminations fondées sur l’orientation sexuelle.

«PAS FACILE À AVALER PAR CERTAINS MEMBRES»
Cette modification figure parmi 40 recommandations présentées dans l’Agenda olympique 2020, une «feuille de route stratégique pour l’avenir du Mouvement olympique», a décrit le CIO dans un communiqué. Jusqu’ici, le paragraphe 6 des Principes fondamentaux interdisait les discriminations «sur des considérations de race, de religion, de politique, de sexe ou autres». Si l’on s’appuie sur les travaux rendus par le groupe de travail chargé de proposer des mesures pour la «protection des athlètes intègres», la nouvelle formulation pourrait être celle-ci: «La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Charte olympique doit être assurée sans discrimination d’aucune sorte notamment en raison de la race, la couleur, le sexe, l’orientation sexuelle, la langue, la religion, les opinions politiques ou autres, l’origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance ou toute autre statut».

Comme les autres recommandations, celle-ci a été adoptée à l’unanimité des 96 membres du CIO présent.e.s à Monaco pour la 127e session de l’organisation. Le CIO se réjouit que les 40 recommandations ont été adoptées en un jour alors que deux journées avaient été prévues à l’origine pour des débats et des votes. Les membres du CIO ont également voté en faveur d’une participation de 50% de femmes aux Jeux et d’un plus grand nombre d’équipes mixtes, d’une baisse du coût de la candidature pour les villes hôtes et d’un renforcement de l’éthique. «Quelques-unes des recommandations n’étaient pas faciles à avaler par certains membres, a indiqué le président du CIO Thomas Bach. Certains ont peut-être espéré sur un sujet donné qu’il n’y ait pas de recommandation ou bien que la recommandation soit différente. C’était donc encourageant de voir qu’indépendamment de leur position ou de leurs intérêts respectifs, ils étaient résolus à assurer le succès de l’Agenda olympique 2020.»

La nouvelle a été vue comme «une victoire majeure» par les responsables de Human Rights First: «Nous espérons que les pays potentiellement candidats, comme le Kazakhstan ou la Chine, comprendront que la protection des droits des minorités sexuelles n’est plus quelque chose que l’on peut esquiver, a déclaré un membre de l’organisation dans un communiqué. Nous appelons le CIO à poursuivre ses efforts en faveur de l’égalité en incluant également l’identité de genre dans le 6e paragraphe des Principes.»

Photo Ian Jones/CIO