Après avoir évoqué l’hypothétique abrogation de la loi ouvrant le mariage ainsi que le mouvement «Sens Commun» lors de son interview au Petit Journal ce lundi 1er décembre, la ministre de la Justice Christiane Taubira a passé quelques minutes supplémentaires sur le plateau de l’émission pour répondre aux questions d’internautes. Dont celle de Nathalie, une lesbienne qui s’est mariée en janvier et qui a demandé à la Garde des Sceaux si elle n’était pas «déçue que le gouvernement ne soit pas allé au bout du projet concernant les enfants issus de PMA [procréation médicalement assistée, ndlr]» (à partir de 2’06 dans la vidéo ci-dessous).

 

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«Il y a deux sujets, a répondu la ministre. Les enfants issus de PMA et la PMA. Là, elle parle des enfants issus de PMA. Les enfants issus de PMA, s’ils sont issus de PMA de parents français, ils sont français, je ne sais pas ce qu’elle veut dire.»

Ce que l’internaute voulait probablement signifier à Christiane Taubira, c’est que malgré les engagements pris par le président de la République François Hollande, l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine et la ministre de la Famille Dominique Bertinotti (des propos compilés dans notre article PMA: Chronologie d’une mort annoncée) en faveur d’une ouverture de la PMA, le Premier ministre Manuel Valls a finalement indiqué que le sujet ne sera pas abordé par la majorité «jusqu’à la fin de la législature». La question de Nathalie ne portait certainement pas sur la nationalité des enfants né.e.s d’une PMA, qui n’a jamais été remise en question contrairement à celle des enfants né.e.s d’une gestation pour autrui (GPA), mais sur cette promesse abandonnée.

En février 2013, puis en mars et en juin de la même année, Christiane Taubira avait indiqué qu’elle jugeait «légitime» la revendication de la PMA.