Grâce à la collaboration entre le Comité olympique canadien (COC), l’organisation You Can Play (YCP) qui lutte contre l’homophobie dans le sport et le Fonds Égale Canada pour les droits de la personne (Égale Canada), des mesures pour mieux accueillir les athlètes LGBTQ vont être mises en œuvre. Une conférence de presse a eu lieu hier, mardi 2 décembre, et le COC a annoncé dans un communiqué que les jeunes bénéficiant du programme scolaire olympique recevront un «matériel pédagogique novateur portant sur les enjeux LGBTQ» et que des athlètes de haut niveau se rendront dans les écoles du pays «pour faire la promotion de la santé psychologique, d’une bonne estime de soi et de l’égalité dans le sport». À terme, le COC espère toucher un million d’élèves grâce à cette campagne intitulée #UneÉquipe.

«DONNER UNE VOIX AUX JEUNES GAYS DANS LE SPORT»
D’après Outsports, il s’agit du programme le plus ambitieux jamais entrepris par un comité olympique national en faveur des personnes LGBT et il constitue une réponse à la façon dont se sont déroulés les Jeux de Sotchi en février. En violation des principes olympiques, la Russie a interdit toute déclaration publique sur l’homosexualité. Par peur, le lugeur canadien John Fennell, qui a fait son coming-out en mai, s’était rendu aux Jeux sans ordinateur et sans téléphone afin de ne pas être repéré. Il se réjouit aujourd’hui des annonces du COC: «Je m’implique dans l’initiative #UneÉquipe parce que je veux pouvoir donner une voix aux jeunes gays dans le sport, a-t-il indiqué. Je veux leur dire que malgré les difficultés qu’ils rencontrent, ils ne sont pas seuls, et ils peuvent réussir de grandes choses sans égard à leur orientation sexuelle et peu importe qui ils aiment.»

Après les Jeux de Sotchi, «plusieurs athlètes de haut niveau et leur entourage ne savaient pas à quel point le COC soutiendrait ses athlètes LGBT, a confié à Outsports le co-fondateur de YCP. Désormais, le doute n’est plus de mise.» La skateuse Anastasia Bucsis et sa compagne la joueuse de hockey Charline Labonté, elles aussi présentes à Sotchi, font partie de l’initiative. Elles collaboreront avec le nageur gay Mark Tewksbury, et Connor Taras qui pratique le kayak et a fait son coming-out en 2013.

«JE VEUX FAIRE LA DIFFÉRENCE»
Cette initiative a par ailleurs permis à la gymnaste Rosie Cossar de faire son coming-out. Après avoir entendu des insultes homophobes pendant une grande partie de sa carrière, elle est sortie du placard pour être vraie avec elle-même et avec les autres: «À quoi bon représenter son pays si on ne peut même pas se représenter soi-même de façon authentique? Je me sentais coupable de ne pas me présenter telle que je suis vraiment. J’avais l’impression de me faire du mal à moi-même en cachant qui je suis.» Malgré l’hostilité de son entraîneuse, elle en a peu à peu parlé autour d’elle, mais ce n’est que le 1er décembre 2014 qu’elle l’a annoncé au monde entier.

Aujourd’hui retraitée de son sport, elle tient malgré tout à s’impliquer. «Je sais à quel point ça peut être difficile pour les gens qui ne savent pas vers où se tourner, ou qui pensent être les seules personnes dans cette situation au sein de leur discipline, a-t-elle précisé. On se sent vraiment seul.e. J’aimerais créer un espace dans le sport pour les gens qui veulent être eux-mêmes. Je veux faire la différence.» L’initiative du COC la met en tout cas sur la bonne voie.

Photo Comité Olympique Canadien

De gauche à droite, à l’arrière: le ministre d’État au Sport Bal Gosal, Kris Burley, Wade Davis, Helen Kennedy, Rosie Cossar, Jason Burnett, Mark Tewksbury, Eric Mitchell, Hank Palmer, Anastasia Bucsis, Patrick Burke, Vincent Lavoie, Chris Overholt, Curt Harnett, Scott Russell – et devant: Rudi Swiegers, Tessa Bonhomme, Nadine Rolland, Connor Taras, Charline Labonté et Sam Sendel.