«Je ne peux pas en discuter, je ne veux même pas l’imaginer», a déclaré le ministre de la Justice, Charalambos Athanassiou, lorsqu’on lui a parlé d’ouvrir le mariage aux couples de même sexe sur la chaîne grecque Mega TV, rapporte le Guardian. Membre d’une coalition dominée par le parti conservateur Nouvelle Démocratie, il a même assuré que cela serait contraire à la «convention des droits de l’Homme»: «Quand celle-ci parle du mariage, elle parle du mariage entre un homme et une femme, a-t-il affirmé. Nous sommes un pays qui respecte les traditions, qui respecte la nature humaine et ce n’est pas possible, en tout cas pour ce gouvernement et pour ce mandat ministériel, de permettre ces mariages.»

«IRONS-NOUS JUSQU’À PARLER D’ADOPTION?»
La Grèce a toutefois été condamnée l’an dernier par la Cour européenne des droits de l’Homme pour avoir refusé d’ouvrir les pactes de vie commune aux couples de même sexe. Le gouvernement précédent a brièvement envisagé de remédier à cette discrimination avant de reculer finalement: sous la pression des mouvements conservateurs, aucune avancée vers l’égalité des droits n’a pu voir le jour. Lors de l’interview, le ministre a tenté de justifier l’interdiction faite aux couples de même sexe de s’unir civilement: «C’est un peu dangereux de parler simplement d’union civile. C’est un sujet compliqué. Le problème, c’est quelles en seront les conséquences? Irons-nous jusqu’à parler d’adoption par les couples de même sexe ensuite?»

Lorsqu’on lui a fait remarquer que c’est déjà le cas dans plusieurs pays du monde, Charalambos Athanassiou a rétorqué: «C’est leur problème», avant de poursuivre: «Notre pays a des structures. Nous devons observer cela d’un point de vue religieux, d’un point de vue politique et d’un point de vue social.» Des déclarations qui font bondir les militant.e.s pro-LGBT sur place. «Ce sont des propos très choquants quand l’homme qui les prononce est le ministre de la Justice, la personne censée protéger les citoyen.ne.s et pas juste un cinglé d’Aube Dorée, a réagi la porte-parole de la Pride d’Athènes Andrea Gilbert. Aucune déclaration sur les droits humains n’interdit quoi que ce soit et il est en tout cas certain que la Constitution grecque ne définit pas le mariage comme étant entre un homme et une femme. En soulignant les “conséquences”, ces remarques surfent sur les peurs de la pire sorte.»

Photo Commission européenne