Christiane Taubira était l’invitée, hier, lundi 1er décembre, d’une édition spéciale du Petit Journal sur Canal +. Le petit Journal n’est pas une émission comme le autres, les invité.e.s sont taquiné.e.s mais rarement mis en difficulté. Un environnement qui convient très bien à la Garde des Sceaux, qui se prive rarement d’une réplique un peu cinglante si elle est spirituelle. C’est ainsi que dès le début de l’interview, lorsque Yann Barthès lui demande si, la veille, elle a regardé Nicolas Sarkozy au 20 heures de TF1 ou Marine Le Pen au même moment sur France 2, elle répond: «Je m’aime un peu, il y a des tortures que je ne m’inflige pas». Le ton est donné, même s’il se glacera parfois un peu sur certains sujets.

La question du mariage pour tous est très vite abordée, le politiques évoqué.e.s un instant plus tôt ayant notamment en commun de vouloir abroger la loi qui porte le nom de la ministre de la Justice (à 2’40): «Il y en a qui ont des idées fixes, oui, rétorque Christiane Taubira.

«C’est une loi de liberté, c’est une loi d’égalité, c’est une loi qui produit ses effets. Il y a des couples mariés, il y a des familles constituées, il y a des droits reconnus.

«Et notre droit n’est pas rétroactif, ça veut dire que de toute façon même s’ils abrogeaient, ils ne pourraient pas revenir sur les mariages célébrés. Qu’ils disent exactement ce qu’ils vont abroger.»

Le sujet revient un peu plus tard, lorsque Christiane Taubira doit répondre à une question de Madeleine Bazin de Jessey, porte-parole de «Sens commun», mouvement issu de la «Manif pour tous» et qui compte bien peser sur les prises de position de l’UMP désormais. «Vous vous êtes félicitée du fait que la Cour de cassation donne un avis favorable à l’adoption d’enfants issus de PMA à l’étranger et par votre circulaire, vous obligez les greffiers à l’état civil les enfants nés de mères porteuses à l’étranger. Comment pouvez-vous encore jurer devant les Français que votre loi n’amène pas à la légalisation de la GPA et de la PMA puisqu’elle en reconnaît déjà les effets?» interroge Madeleine Bazin de Jessey.

«Soit elle se raconte des histoires, soit elle raconte des histoires aux Français, réplique la Garde des Sceaux. Nous sommes dans un pays en état de droit, avec des codes, et notamment un code civil. Et l’article 18 du Code civil établit les conditions de filiation et donc de nationalité. Il est évident que les 20000 greffiers de France n’auraient pas l’idée d’exécuter une circulaire si elle était illégale. Cette circulaire s’appuie tout simplement sur l’article du Code civil qui établit les conditions de filiation. Des enfants qui sont nés de parents français à l’étranger sont français et ont donc accès à la nationalité française. Et il n’y a pas de raison de leur refuser la délivrance du certificat de nationalité, c’est ce que dit la circulaire. J’invite donc madame à consulter le Code civil, elle n’est pas obligée de lire la totalité des articles mais l’article 18 devrait l’informer.»

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