Même si leur arrivée se fera un peu plus tardivement que prévu, les autotests de dépistage seront finalement disponibles dès juillet 2015. C’est à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida que la ministre de la Santé Marisol Touraine a annoncé cette mise en service. Toute personne pourra avoir accès aux autotests en pharmacie sans prescription, effectuer le test sans l’aide d’un tiers et analyser elle-même ses résultats. Le test se fait par prélèvement capillaire (par le sang), ou par un prélèvement salivaire. Ces autotests, déjà commercialisés aux États-Unis depuis plusieurs années (1996 pour les tests capillaires, 2012 pour les tests salivaires), permettent aux personnes de connaître leur statut sérologique en quelques minutes. Il est néanmoins indispensable de passer par un test pratiqué dans un centre de dépistage pour confirmer les résultats. La ministre s’est aussi montrée favorable à la généralisation des dépistages communautaires du VIH par Tests rapides d’orientation diagnostique (Trod).

Marisol Touraine avait initialement annoncé la commercialisation de ces moyens de dépistage pour 2014, mais la société fabriquant le produit n’ayant pas encore obtenu le marquage réglementaire imposé par l’Union européenne, elle a dû être repoussée. Les autotests seront mis à la disposition des associations, comme le prévoit le projet de loi de santé qui sera discuté en début d’année à l’Assemblée nationale. Sans oublier que dès mai 2015, les Trod de l’hépatite C pourront être réalisés par les associations.

Autrefois prudent sur ces autotests, le Conseil national du sida a finalement émis un avis favorable à leur commercialisation en mars 2013, affirmant notamment que cet outil doit être proposé aux populations les plus exposées au risque de transmission. Il estime que l’introduction des autotests permettrait de découvrir 4 000 séropositivités et d’éviter 400 nouvelles infections par an en France, selon des projections effectuées pour les États-Unis par l’autorité sanitaire de ce pays.

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