Scotland Yard signale une augmentation des crimes de haine homophobes au Royaume-Uni au cours de l’année 2014, un nombre d’incidents relevé entre janvier et octobre de cette année qui s’élève à 1073. L’année dernière, 1007 crimes en raison de l’orientation sexuelle ont été signalés, contre 1002 en 2012. Plus de 300 agressions ont eu lieu dans la capitale, Londres, tandis que d’autres grandes villes enregistrent elles aussi de fortes augmentations, comme Manchester et sa banlieue qui comptabilisent 278 crimes de haine, contre 231 en 2013 et 269 en 2012.

UNE PERSONNE SUR SIX
Porte-parole de l’organisation Stonewall, Richard Lane maintient que les crimes de haine homophobes «sont un problème réel au Royaume-Uni»: «Une personne LGB sur six a déjà subi une agression homophobe ou un incident au cours des trois dernières années. Nous avons vu un nombre d’histoires dans la presse ces derniers mois concernant des attaques particulièrement violentes. Ces exemples que l’on voit sont assurément inquiétants, comme tous les cas d’agressions ou de harcèlement homophobes, qu’ils soient dans l’espace privé ou à l’étranger.»

Les associations tempèrent ces données en affirmant que ces chiffres peuvent aussi signifier que les victimes ont davantage le réflexe de signaler ce qui leur est arrivé et craignent moins de subir des représailles après avoir porté plainte. Pour inciter les victimes ou les témoins d’agression, Stonewall avait déjà sorti une brochure d’informations pour connaître ses droits et les démarches pour porter plainte. Des plaintes néanmoins sans doute bien inférieures au nombre d’agressions réelles, comme le souligne Nick Antjoule, de l’association LGBT Galop, cité par The Guardian: «Chaque année, la police enregistre plus de 4000 crimes homophobes, mais ce n’est rien comparé aux 39000 crimes homophobes qui ont lieu chaque année dans le pays, selon les estimations du gouvernement. (…) Certaines des personnes que nous accompagnons subissent le harcèlement pendant des années avant de nous contacter pour être aidées.»

Photo Paul Duncan