[mise à jour, 05/12] La caissière du théâtre et le comédien à l’origine du coup de feu ont présenté leurs excuses.

Des mégaphones et des cris: pour se faire entendre, les manifestant.e.s qui ont marché hier, dimanche 30 novembre, à Paris contre le sida ont fait du bruit. Mais lorsque le cortège est passé devant le théâtre du Point Virgule au cœur du Marais, un incident s’est produit: l’équipe du théâtre a demandé aux participant.e.s de baisser le niveau sonore pour ne pas gêner la pièce en cours. L’un des objectifs de cette marche étant justement de rendre visible et audible le fait que le sida tue toujours et que des personnes en meurent, les manifestant.e.s ont haussé la voix. Un comédien, armé d’une arme à feu factice, est alors sorti du théâtre et a tiré pour de faux sur la foule.

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«Tout le monde était bouleversé, a confié à Yagg Clémence Zamora-Cruz, co-porte-parole de l’Inter-LGBT, qui manifestait hier. C’est frappant, parce que ça se passe dans le Marais, là où on se croit en sécurité, et il est choquant d’utiliser une arme, même fictive, pour tuer des gens symboliquement.»

Sollicitée par Yagg, l’équipe du théâtre se dit «dépassée» par les événements mais a souhaité renouveler les excuses présentées par le directeur, Jean-Marc Dumontet, sur Twitter.

«C’est l’histoire de deux univers qui se sont rencontrés et qui ne se sont pas compris, a avancé le responsable de la communication du Point Virgule. Full Metal Molière, c’est un spectacle dans lequel des comédiens prennent en otage un théâtre et imposent la lecture d’une pièce de Molière. Ils font des sorties permanentes, c’est le personnage qui veut ça. Là, ils ont joué sans savoir ce qui se passait dehors et c’est du jeu de théâtre, rien d’autre. Les manifestant.e.s ont assisté à un geste violent, mais c’est parce qu’il a lieu sur une scène de théâtre. Il n’y a pas de message politique derrière.»

Inquiété par les réactions des personnes interviewées dans la vidéo ci-dessus, le responsable de la communication souligne que le théâtre est depuis plusieurs années «solidaire de la lutte contre le sida». «Si nous avions été prévenus de la marche, on aurait mis en place une action, rien que pour rendre hommage à nos comédiens morts de cette maladie», regrette-t-il. Ce 1er décembre, l’équipe du théâtre arbore un foulard rouge dans ce but, «mais c’est prévu depuis longtemps», précise le responsable de la communication.

Le comédien à l’origine des coups de feu et la caissière du Point Virgule ont contacté jeudi 4 décembre, les militant.e.s directement visé.e.s par le geste violent pour présenter leurs excuses. Un projet d’événement commun doit voir le jour dans les prochaines semaines.