Réunies au sein du collectif Pour un monument LGBT, plusieurs associations, dont les «Oublié-e-s» de la mémoire, l’Inter-LGBT, David & Jonathan, Flag!, le Mémorial de la déportation homosexuelle et les Archives recherches cultures lesbiennes, travaillent à la création d’un monument commémoratif LGBT. De février à septembre 2014, un questionnaire pour déterminer l’utilité de ce monument et les besoins auxquels il doit répondre a été mis à la disposition du public au Centre LGBT de Paris Ile-de-France. Il est désormais disponible en ligne pour permettre au plus grand nombre de contribuer.

PARIS, UNE PISTE SÉRIEUSE
Pour l’instant, le projet s’appuie notamment sur les 300 réponses reçues grâce au questionnaire. «Plus on aura de résultats, plus le dossier sera étoffé, indique Denis Erhart, délégué Paris Ile-de-France des «Oublié-e-s» de la mémoire. On n’a eu que deux réponses négatives au fait d’ériger un monument. C’est une attente des victimes mais aussi de leurs proches, car les victimes honorées ne seront pas uniquement les personnes déportées en raison de leur homosexualité.» Le collectif Pour un monument LGBT souhaite que le projet soit «participatif et rassembleur» et espère que de nombreuses propositions seront faites par les participant.e.s au sondage. «Au terme de cet audit mémoriel, nous procèderons à l’audition d’associations nationales et locales, et nous entendrons des sociologues, des historien.ne.s, des architectes avant de passer un appel à projets», confie Denis Erhart.

Si l’emplacement de Paris constitue une piste sérieuse, d’autres lieux restent susceptibles d’accueillir le mémorial, insiste le responsable associatif pour qui ce lieu doit être «un projet national avec une visibilité au-delà de la France». Anne Hidalgo a déjà exprimé son soutien puisque la réalisation d’un monument pour cette cause fait partie de ses promesses de campagne. La maire a renouvelé ce souhait il y a quelques semaines, lors du dévoilement d’une plaque pour Bruno Lenoir et Jean Diot, les deux derniers hommes exécutés à Paris pour avoir eu une relation sexuelle. Denis Erhart précise que des discussions sont en cours avec tous les groupes présents au Conseil de Paris. Des échanges ont également lieu avec le ministère des Anciens combattants.

Photo Stop Homophobie