«Cela semble être une constante chez les candidats pusillanimes et de peu d’envergure: dès que leurs résultats dans les sondages ne sont pas aux  hauteurs espérées, ils cèdent aux sirènes du lobby le plus hargneux du moment», commentent Marjorie Monni et Thomas Linard, porte-parole de l’inter-LGBT chargé.e.s des questions Familles, faisant référence à l’annonce de Nicolas Sarkozy de son intention d’abroger la loi Taubira, samedi 15 novembre, lors du meeting de «Sens commun».

«Mais nos familles existent, elles n’ont pas attendu de loi pour cela, souligne l’interassociative. Des dizaines de milliers d’enfants sont élevés quotidiennement dans des familles homoparentales. La filiation, c’est ce qui permet d’assurer la sécurité juridique de ces enfants. Les familles recourent, faute de mieux, à l’adoption, mais ce n’est pas tant pour faire venir des enfants que pour assurer la sécurité de celles et ceux qui sont déjà là.»

S’adressant aux politiques de tous bords, l’Inter-LGBT insiste: «Votre responsabilité est de faire preuve d’imagination pour ne pas avoir dans vos programmes que le seul sujet de nos familles comme marqueur de différenciation d’avec vos concurrents.

«Nos familles ne sont pas vos jouets. S’en prendre à elles, c’est s’en prendre à toute la société.»

Pour sa part, l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL) «dénonce la duperie et l’ignominie» des déclarations de l’ancien président de la République: «L’APGL rappelle aux naïfs que Nicolas Sarkozy avait promis avant son élection de 2007 qu’il ouvrirait une union civile aux couples homosexuels et qu’il réformerait le droit de la famille pour une reconnaissance des beaux-parents. Il n’en a rien fait… Comment Nicolas Sarkozy, juriste de formation et avocat de profession, tour à tour maire, député, ministre et bien sûr président de la République, et à ce titre, membre de droit du Conseil Constitutionnel pourrait-il faire croire qu’une telle promesse soit légalement réalisable?»

«L’APGL apporte son soutien sans réserve à toutes les personnes mariées et à toutes les familles enfin reconnues grâce à la loi Taubira qui pourraient se sentir fragilisées par de tels propos qui visent encore une fois à les discriminer et les stigmatiser en raison de leur orientation sexuelle», poursuit le communiqué des co-président.e.s de l’association, Marie-Claude Picardat et Dominique Boren.

«Quand l’ambition passe avant les convictions, il n’est pas étonnant de finir par dire de telles inepties, renchérit l’association Les Enfants d’arc-en-ciel. La droite espagnole avait aussi promis l’abrogation la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, elle a ensuite accédé au pouvoir et n’a finalement pas abrogé la loi. Ce sont des mensonges de campagne.»

«Apaiser la société ce n’est pas cela. Les sondages démontrent, sans nul doute, que ce n’est pas ce que les Français souhaitent, insiste l’association sur son blog. Un mariage au rabais c’est déjà ce qui nous a été accordé. Certains d’entre nous ne peuvent pas se marier en raison de la nationalité de l’un d’eux, la filiation n’est pas accessible à nos enfants dès leur naissance et sans procédure judiciaire, les enfants ne peuvent pas être conçus dans leur pays grâce à l’aide médicale à la procréation, etc.

«Nous ne laisserons aucun gouvernement revenir en arrière, cela coûterait la protection juridique de très nombreux enfants et l’honneur de notre République.»

Illustration Nawak