L’idée est née au cours d’une discussion entre l’avocat Philippe Coen et son fils Adrien, âgé de 15 ans. Constatant que «même sur les sites de recettes de cuisine, les gens en viennent aux mains», ils ont voulu proposer un dispositif pour «calmer le jeu». Le premier a été avocat pour des associations de lutte contre le racisme et participe à l’Initiative de prévention de la haine. En créant le label «Respect Zone», il espère distiller une dose de responsabilité chez les internautes.

«CHOISIR UNE RESPONSABILITÉ ÉDITORIALE»
En se rendant sur le site du label, les sites et les internautes peuvent consulter les conditions pour faire figurer sur leur page d’accueil ou leur profil le logo «Respect Zone», ce qui les engage à avoir une attitude respectueuse. «Il s’agit d’afficher le respect à l’avance, explique Philippe Coen. Un peu comme pour les zones non-fumeur. Cela peut paraître idéaliste ou simpliste, mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas utile. La présence de panneaux sur l’autoroute aide effectivement à faire baisser la vitesse. La mise en avant de ce label permet une communication sur le comportement vertueux.» Et dans sa démarche de promotion de ce dispositif, Philippe Coen veut miser sur ce côté affirmatif: «Par exemple, on ne dit pas qu’on est contre l’homophobie, mais pour le respect de l’autre. On arrive au même objectif, mais avec une démarche positive.»

Au même titre que l’homophobie, l’antisémitisme, le racisme, la xénophobie et le sexisme sont visés par le label. Et il n’a pas échappé à Philippe Coen que certain.e.s auront beau arborer le logo «Respect Zone», leurs propos n’en seront pas moins offensants et violents. «Sur le modèle de Wikipédia, on veut faire confiance à l’intelligence citoyenne collective pour éveiller la conscience et l’esprit critique, fait-il valoir. En cas d’abus, la personne ou le site portant le label sera forcément interpellé par des internautes. En l’absence de réaction, les internautes peuvent porter plainte et notre association en sera prévenue. Le label a été déposé comme marque de certification européenne: en cas de violation de notre charte, la personne ou le site qui porte le label sans en respecter l’esprit peut être considéré comme à l’origine d’une contrefaçon. Endosser le label, c’est choisir une responsabilité éditoriale emprunte de respect, quoi de plus citoyen?»

Présenté lors de la Paris Games Week qui a eu lieu du 29 octobre au 2 novembre, le label a recueilli les parrainages de célébrités comme Cyprien ou Kyan Khojandi. Philippe Coen espère qu’à terme, le succès du label permettra à d’importants acteurs du web, comme le réseau social Facebook, de prendre en compte l’existence de cette «Respect Zone» et de proposer aux internautes des contenus arborant ce label.