Alors que de nombreux États ont ouvert le mariage pour les couples de même sexe ces dernières semaines, pour l’opinion publique, les États du Sud des États-Unis, réputés très conservateurs, finiront bons derniers dans la course pour l’égalité des droits. Pas si sûr, selon Sarah Young et Michael Hansen, tou.t.e.s deux militants en Alabama et dans le Mississippi, qui expliquent pourquoi dépeindre ces États comme les derniers bastions de l’homophobie est contre-productif, et affirment que les actions des organisations LGBT locales ne manquent pas, mais souffrent cependant de n’avoir aucun relais dans les grands médias.

LE SUD PERÇU COMME «TERRIFIANT ET INEXPLORÉ»
«En tant que progressistes du sud, nous souhaitons vraiment des groupes comme Human Rights Watch ici pour accomplir de bonnes choses. Et nous adorerions raconter nos histoires dans des publications comme le New York Times et le Washington Post. Venez visiter nos villes, voir notre hospitalité légendaire, et savourer notre cuisine. Nous vous incitons à rejoindre nos discussions, et marcher avec nous dans nos mouvements. Mais soyons honnêtes et arrêtons de faire l’autruche. Une raison principale pour laquelle le Sud est si loin derrière concernant des questions comme les droits LGBTQ est précisément parce que nous sommes infantilisé.e.s par les médias nationaux et perçu.e.s comme un territoire terrifiant et inexploré par les organisations de défense.» Sarah Young et Michael Hansen mettent en lumière les inégalités en matière d’aide suivant les États. Sans surprise, les États du Sud sont bien moins lotis que ceux de la côte Est ou de la côte Ouest: «Par exemple, l’Alabama reçoit en moyenne 1,6 cents en aide financière par personne LGBTQ, pour chaque dollar que la ville de New York perçoit. Cette disparité ne signifie absolument pas qu’il n’y a pas de personnes LGBTQ dans le Sud, ou qu’elles n’ont pas besoin de protections. En fait, le Mississippi a le pourcentage le plus élevé de couples de même sexe élevant un enfant.»

«LE SUD EST NOTRE PAYS»
Les deux militant.e.s s’agacent aussi des préjugés sur les États du Sud et de certaines questions en forme de reproches qui sont parfois posées aux personnes LGBTQ qui y vivent: «Ceux et celles d’entre nous qui vivons dans des endroits comme en Alabama se voient souvent poser cette question sur pourquoi ne pas juste partir. L’hypothèse sous-jacente est un standard pernicieux qui veut que le Sud Profond est un endroit épouvantable pour les jeunes militant.e.s queers pour vivre et être heureux/ses. Nous répondons à notre manière, en fonction de qui pose la question et pourquoi, mais beaucoup d’entre nous disent la même chose: Nous vivons ici parce que nous aimons cet endroit, et nous n’avons pas à nous justifier. Le Sud est notre pays, nos racines sont ici, et nous demander pourquoi nous ne partons pas renforce la notion qui voudrait que personne ne peut être vraiment soi-même et être du Sud. Cela est tout simplement faux.» Une tribune qui fait étrangement écho à un sketch du Daily Show diffusé l’an dernier, dans lequel un humoriste cherchait à démontrer quel État entre le Mississippi et l’Alabama est le plus hostile aux homosexuel.le.s, montrant finalement de façon ironique que l’homophobie n’est pas toujours là on l’on voudrait qu’elle soit.

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Matthew Fontaine Maury