Parce qu’elle est écrite en alexandrins et qu’on s’y travestit beaucoup, la pièce de l’auteure canadienne Kathleen Olivier, Sur le bout de la langue, fait penser aux comédies de Shakespeare ou de Marivaux. Mais la comparaison s’arrête là.
Mais le sujet choisi est très différent. L’auteure explique:

«Quand j’ai commencé à écrire Swollen Tongues il y a 20 ans, la plupart des pièces lesbiennes se terminaient par un suicide, un meurtre ou la folie. La comédie lesbienne était chose rare.»

Pendant une heure trente, les quatre personnages vont jouer à cache-cache, se poursuivre, s’inventer une autre identité. Le fil rouge? Leur désir et en particulier le désir lesbien. L’histoire est celle d’une jeune femme et de son frère, tous deux épris d’une même personne, une autre femme en l’occurrence. Pour séduire cette dernière, amoureuse des mots, il et elle vont se lancer dans l’écriture de poèmes. Mais qui va emporter le cœur de la belle, et surtout coucher avec elle? L’auteure souhaitait que la sexualité soit traitée de manière légère et enjouée et le pari est largement réussi. Sur un rythme endiablé, et grâce au talent fou et à l’énergie communicative de l’acteur (Simon Dusigne) et des trois actrices (Claire Bosse-Platière, Anne Plantey et Camille Vallin), Sur le bout de la langue est une ode joyeuse à l’amour, sous toutes ses formes. Une belle réussite.

La bande-annonce de Sur le bout de la langue:


Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur « Sur le bout de la langue » Bande Annonce par CINE-13-THEATRE

Sur le bout de la langue, de Kathleen Oliver. Traduction en français: Marie-Paule Ramo. Mise en scène Marjolaine Aïzpiri et Hélène Labadie. Avec Claire Bosse-Platiere, Simon Dusigne, Anne Plantey, Camille Valin. Jusqu’au 29 novembre (du mercredi au samedi) au Ciné 13 Théâtre, 1, avenue Junot, 75018 Paris.

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