«J’ai mon point de vue. Il y a des choses que je ne tolère pas, comme l’homosexualité», a déclaré Julien Poyac alors qu’il faisait l’objet d’une procédure en comparution immédiate ce lundi 20 octobre pour avoir attaqué à coups de matraque une personne qu’il a présumé être homosexuelle. Ivre, il s’est rendu dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 octobre au barrage de Moulin-Papon qui sert de lieu de drague, indique Ouest France.

«ABSENCE DE SCRUPULES»
La victime, «profondément blessée» et au «visage tuméfié», bénéficie du soutien du Centre LGBT de Vendée. L’agresseur, âgé de 22 ans et revendiquant son appartenance à l’extrême droite, a été condamné à deux ans de prison ferme. Une décision de justice qui, selon la députée Sylviane Bulteau (PS), doit rappeler aux responsables politiques de la région que leurs propos ont des conséquences.

«Le caractère inédit en Vendée comme l’absence de scrupules et de remords exprimés par le jeune homme jugé par le tribunal interrogent et doivent interpeller les responsables politiques vendéens, a-t-elle indiqué dans un communiqué. Voila déjà plusieurs mois que je dénonce la progression dans le débat public local – à l’image des dérapages que tout un chacun a pu relever au niveau national – d’expressions dangereuses car susceptibles d’influencer négativement des esprits fragiles ou trop facilement influençables.»

SOUTIEN DE LA DROITE VENDÉENNE À LA «MANIF POUR TOUS»
L’élue a visé explicitement un sénateur et un député très proches de la «Manif pour tous»: «Indéniablement, nous payons tous aujourd’hui collectivement le prix de l’agitation entretenue par l’organisation de “La Manif pour Tous” et de ses soutiens locaux, au premier rang desquels on trouve l’ensemble du spectre de la droite départementale vendéenne UMPF, de M. [Bruno] Retailleau à M. [Yannick] Moreau. Une droite départementale qui n’a jamais dénoncé, comme je l’ai pourtant demandé à de nombreuses reprises, les prises de position radicales et réactionnaires de mouvements extrémistes qui se font de plus en plus insistants et visibles dans le paysage.»

Sylviane Bulteau a en outre décrit en détail l’ensemble des atteintes perpétrées à l’encontre de l’esprit républicain dans la région: «Du défilé nocturne, au flambeau, de soi-disant “Homen” à La Roche-sur-Yon à la dégradation de la tombe de Clemenceau par des membres de “La Manif Pour Tous” en novembre 2013 en passant par l’utilisation récurrente du drapeau du Conseil général de la Vendée dans les manifestations violentes organisées contre l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe, jusqu’à la visite en juin 2013 de Bruno Retailleau à Fleury-Mérogis pour soutenir politiquement un militant “anti-mariage gay” emprisonné pour rébellion envers les forces de l’ordre et même les menaces de mort dont j’ai été personnellement l’objet; oui, la Vendée paye aujourd’hui le prix des errements idéologiques de la droite.»

Mais les élu.e.s de la droite vendéenne refusent toute remise en cause. Dans une lettre ouverte signée notamment par Bruno Retailleau et Yannick Moreau, ces responsables politiques voient là des «accusations calomnieuses et dangereuses» et ne voient aucun lien entre «d’un côté des élus démocratiquement élus ou des familles qui ont simplement exprimé leurs convictions profondes, et de l’autre côté des skinheads endoctrinés». Comme si l’intolérance affirmée par Julien Poyac était dépourvue de toute accointance avec leur opposition à l’égalité des droits.

Photo Captures (Bruno Retailleau, Yannick Moreau)

Via François.