Laurence Brunet, chercheuse associée au centre de recherche Droit, sciences et techniques, spécialiste de droit de la famille et de la bioéthique, Jérôme Courduriès, anthropologue, maitre de conférences à l’Université Toulouse Jean Jaurès, Martine Gross, sociologue au CNRS, et Jennifer Merchant, politologue, professeure à l’Université Paris II, répondent, sur le Huffington Post, à une tribune de Marie-Anne Frison-Roche, professeure à Sciences Po en droit économique et régulation, publiée sur le même site, qui visait à souligner «les limites des bienfaits de la régulation» en ce qui concerne la convention de maternité de substitution. Elle estimait que «l’idée de “réguler la GPA” est juridiquement intenable» puisqu’on ne peut pas réguler l’illicite. «D’autres comportements furent considérés en France comme des crimes parfois passibles de mort, et sont encore traités ainsi dans d’autres sociétés, tels l’hérésie, la sodomie, l’adultère féminin, l’avortement, etc., répondent les auteur.e.s du texte. Envisagerait-on de revenir à ce point en arrière?»

«Au lieu de jeter l’anathème sur les femmes qui portent un enfant pour autrui, en toute légalité dans leur pays, ainsi que sur les familles qu’elles ont aidées à se constituer, poursuit le texte, ne devrions-nous pas plutôt œuvrer en vue d’améliorer, à tout le moins d’encadrer, au plan international le contexte dans lequel des femmes pauvres s’engagent dans une GPA? Qui sommes-nous pour juger criminel leur tentative d’améliorer notablement leur position dans un environnement hostile, leur situation matérielle et leur capacité à prendre soin de leurs enfants, en somme, leur autonomie, comme le montre la sociologue Sharmila Rudrappa dans un travail paru en 2014, à partir d’une recherche menée en Inde ? Le véritable scandale est-il là ou bien dans le maintien de ces femmes dans la misère et la pauvreté?»

À lire sur Le Huffington Post.

Photo David Roseborough