Dans un portrait (magistral) sur le site d’ESPN, Abby Wambach, 34 ans, parle de la vie qu’elle ne parvient pas encore à imaginer après sa carrière de footballeuse. Celle qui fait partie des plus grandes joueuses de l’histoire de ce sport (elle détient notamment le record du nombre de buts inscrit en sélection, 169) veut d’abord gagner la Coupe du monde 2015.

Le portrait est long, presque chirurgical et en même temps plein de l’humanité d’une footballeuse à l’immense carrière à l’issue encore si floue: «Je sais que j’ai été mise sur cette planète pour être athlète, raconte-t-elle. Mais qu’y a-t’il d’autre? À quoi sert ma vie? Ça peut sembler masochiste ou narcissique, je ne sais pas, mais quand je ne suis pas en train de jouer, les succès que je ressens dans ma vie viennent toujours de moments difficiles. Quand je ne joue pas, je suis plus sensible à la tristesse, de diverses façons. Vous n’imaginez pas le nombre de gens qui me disent tous les jours à quel point je suis formidable. Pour moi, c’est donc une question d’équilibre, d’essayer d’être et de me sentir comme un être humain normal».

La journaliste Kate Fagan, auteure de ce très beau portrait, raconte la réaction d’Abby Wambach: «Elle respire profondément et laisse sortir l’air: “Je n’avais jamais dit cela tout haut”». Kate Fagan, ancienne basketteuse, aujourd’hui journaliste à ESPN, a raconté son coming-out, à l’université, dans un livre, The Reappearing Act.

Le portrait évoque aussi Sarah Huffman, l’épouse d’Abby, elle aussi footballeuse professionnelle, et dont Kate Fagan explique qu’elle semble permettre à Abby de trouver son équilibre, qu’elle la stabilise sans l’immobiliser.

Photo Capture

Cet article est extrait de la chronique Terrains de Jeux du 17 octobre, à lire en intégralité ici.