C’est avec un communiqué de presse empreint de colère que le collectif Existrans annonce ses revendications pour la 18e édition de sa marche annuelle dans Paris. «Au lieu de prendre enfin en compte l’urgence de la situation, au lieu de prendre rapidement les mesures promises, le gouvernement et les parlementaires de sa majorité continuent de s’enfoncer dans un immobilisme irresponsable […]», ont expliqué les organisateurs/trices de la manifestation.

Le cortège partira à 14h de la place de la Bataille-de-Stalingrad et rejoindra l’Hôtel de Ville au terme d’un parcours long de cinq kilomètres.

La marche bénéficie du soutien de plusieurs organisations qui seront présentes lors du défilé. Le Parti de Gauche appelle ainsi le gouvernement à «respecter les promesses faites pendant la campagne présidentielle et celles de Mme Vallaud-Belkacem durant l’examen de la loi sur l’égalité femmes-hommes» et les élu.e.s écologistes de Paris ont publié une tribune appelant à soutenir le défilé. Homoboulot souligne «qu’une personne trans’ sur deux est sans emploi, mise à l’écart ou licenciée, pourtant, elle reste professionnellement apte et compétente». Et dans un communiqué, SOS homophobie insiste sur le fait que «les débats autour d’une soi-disant “théorie du genre” ont libéré une parole transphobe, caractérisée par une profonde ignorance sur le sujet, amalgamant notamment transidentité et travestissement, et allant même jusqu’à invoquer de supposés changements de genre imposés. Plus de la moitié des témoignages de transphobie reçus par SOS homophobie en 2013 relatent des insultes, notamment sur Internet et les réseaux sociaux, et les agressions physiques à l’encontre des personnes trans’ ne sont pas rares (14 % des témoignages), provoquant chez elles un mal de vivre, voire des idées suicidaires.»

Cette manifestation permettra aussi de produire un message face «aux attaques répétées contre le “gender” et “l’indifférenciation des sexes”», autant de concepts avancés par la «Manif pour tous» et ses organismes satellites, considérés par l’Existrans comme des «promoteurs de haine qui peinent à cacher leur transphobie derrière des slogans aussi idiots que blessants».

Dans un communiqué, la Fédération LGBT demande à être reçue aux côtés des autres «organisations représentatives» par les député.e.s socialistes à l’origine d’une ébauche de proposition de loi  afin d’élaborer un texte permettant un changement d’état civil libre et gratuit sur les modèles argentin et danois. Et c’est en partie au nom de son positionnement féministe que l’association FièrEs appelle à marcher ce samedi: «Nous devons faire de cette journée un événement d’ampleur afin de rappeler au gouvernement et aux parlementaires l’urgence de se saisir de la question. Au-delà des associations LGBT, les féministes ont également un rôle à jouer dans les avancées et combats à venir en la matière. Lutter contre la binarité sexuelle, pour la libre disposition de son corps, pour la défense des études de genre, etc. sont autant d’engagements féministes qui trouvent plein écho dans la défense des droits des trans’ et des personnes intersexes.»

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