Le Plus publie le témoignage de Gildas Leprovost, un jeune homme rejeté par sa famille d’accueil lorsqu’elle appris son homosexualité. Outé par une connaissance, il raconte comment ses parents n’ont pas supporté la nouvelle et comment la situation a empiré, jour après jour, au point de devenir intenable: «Mes parents d’accueil m’ont demandé d’être moins à la maison, ou du moins de rester dans ma chambre le plus souvent possible. Ce n’était pas une question de honte, je crois simplement, avec le recul, que ma présence les indisposait. À l’époque, j’étais au lycée. Tous les matins, je me réveillais et je partais le plus rapidement possible à l’école pour les éviter. En rentrant à la maison, je devais filer dans ma chambre pour faire mes devoirs sans les importuner. Pour le dîner, j’avais le droit à 10 minutes pour manger dans la cuisine. J’étais totalement exclu des repas familiaux ou de toutes autres soirées. Très vite, ils m’ont demandé de faire mes lessives moi-même. Ils ne voulaient pas que mon linge se mélange au leur par crainte que je sois malade.» Jusqu’à ce qu’il soit contraint de quitter le domicile.

Même soutenu par ses ami.e.s de lycée, Gildas s’est rapidement retrouvé au pied du mur:

«En juin 2012, ma famille a fait part à mon éducatrice qu’elle ne souhaitait plus m’avoir sous leur toit. J’avais deux options: soit j’intégrais un foyer d’accueil, soit je me débrouillais par mes propres moyens. Peu importe mon choix, je devais partir une semaine plus tard.»

La famille de son petit-ami a pu l’aider pendant un temps, avant qu’il ne soit hébergé pendant un an au Refuge. Aujourd’hui, le jeune homme déplore les nouvelles manifestations contre l’égalité des droits qui selon lui, ne font que renforcer les comportements homophobes, notamment chez les jeunes dans leur famille: «Quand je vois la “Manif pour tous” et ces milliers de gens qui défilent dans la rue, j’avoue que je ne comprends pas. Chacun a le droit de ne pas être d’accord et je suis persuadé que tous les manifestants ne sont pas des homophobes, mais je ne saisis pas l’intérêt d’en parler autant. La loi est passée, ça ne sert à rien de ressasser. Il est temps que les gens comprennent que les homosexuels existent et que rien ne peut s’y opposer.»

Gildas a aussi lancé une pétition pour aider le Refuge à accueillir les jeunes homos.

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