Présenté au Festival international du film de Toronto au début du mois de septembre, The Imitation Game, le biopic sur le mathématicien homosexuel Alan Turing, y a reçu quelques critiques. Le film accorderait plus d’importance aux brèves fiançailles du Britannique avec sa collègue Joan Clarke, jouée par Keira Knightley, qu’à ses relations avec d’autres hommes, relève Pink News. Ce sont pourtant ces relations qui ont provoqué sa condamnation à la castration chimique.

Le comédien Benedict Cumberbatch et le réalisateur Morten Tyldum ont avancé quelques explications pour justifier l’absence de scène de sexe entre hommes dans ce film.

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«Ne pas montrer de scène de sexe, ce n’est pas renoncer à explorer sa sexualité, a argumenté Benedict Cumberbatch. Le fait qu’Alan Turing ait été castré chimiquement pour avoir admis qu’il était homosexuel, qu’il parle d’avoir payé un jeune homme pour lui toucher le pénis… C’est très explicite! Si vous avez besoin de voir du sexe pour comprendre qu’il est gay, alors il n’est plus possible de raconter une histoire de façon subtile. Pour moi, ce n’est pas quelque chose qui avait besoin d’être mis en évidence, les discussions sont tellement parlantes en soi qu’il n’était pas nécessaire de voir deux hommes nus. Je n’ai pas eu l’impression que ça manquait au script.»

«C’est un choix conscient, a complété le réalisateur Morten Tyldum. Premièrement, parce que ça correspond à la vérité historique: Turing a décrit sa vie comme un désert sexuel. Il n’avait pas de relations à l’époque. Deuxièmement, le fait qu’il soit gay n’est qu’une partie du personnage que nous voulions mettre en scène et il y a tant de choses sur lui que nous souhaitons montrer. La véritable histoire, c’est sa relation avec Christopher [Morcom, qui allait à l’école avec lui et est mort à 18 ans d’une tuberculose, ndlr]. Alan Turing était obsédé par la vie artificielle et l’intelligence artificielle, il a rencontré l’amour de sa vie à 16 ans puis l’a perdu et cet événement a façonné le reste de sa vie. Nous voulions que ce soit ça le cœur de l’histoire. Sa relation avec Joan Clarke, c’est un peu comme s’il avait rencontré une autre âme sœur. Elle et lui se sont fiancé.e.s et sont devenu.e.s très proches.»

Des choix de réalisation qui ne convainquent pas Maxime Donzel, réalisateur passé par Yagg (si vous ne le connaissez pas encore, allez voir par ici) et dont on peut aujourd’hui voir les fabuleuses productions dans Personne ne bouge! sur Arte. Sur tumblr, il s’est amusé à proposer des idées de biopics sur des personnalités homosexuelles que l’on ferait passer pour des hétéros au cinéma.

 

Il faudra patienter encore quelques mois avant de voir le film en France, puisque sa sortie est prévue le 28 janvier 2015.

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