L’Agence du médicament (ANSM) vient de publier une mise en garde concernant les poppers, utilisés d’abord par les gays, puis plus récemment dans le milieu festif. L’Agence, qui rappelle que les poppers, interdits entre 2007 et 2011, sont à nouveau en vente libre depuis 2013, relate entre 1999 et mars 2011 146 cas d’intoxication grave, dont six ayant conduit au décès. De plus, entre 1999 et 2010, 34 cas d’atteintes oculaires se traduisant principalement par une baisse d’acuité visuelle ont été enregistrés. L’Agence explique que depuis, de nouveaux cas graves d’intoxication et de décès ont été signalés aux différents réseaux de vigilance mais sans donner plus de précision. Parmi les risques liés à la consommation de poppers, l’agence cite, outre la dépendance, des troubles cardiovasculaires (comme la tachycardie ou l’hypotension), des malaises, nausées, vomissements, des diminutions de l’acuité visuelle souvent passagères, ainsi que des troubles sanguins et psychiques.

Très en pointe dans le combat contre l’interdiction, le Syndicat national des entreprises gaies (Sneg&Co) n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué publié sur son site, le syndicat explique: «Ce point d’information ne signifie pas que les poppers sont de nouveau interdits mais constitue une nouvelle alerte.[…] À plusieurs reprises depuis la première demande d’interdiction en 2007, le SNEG a demandé à être entendu par différents interlocuteurs (ministère de la Santé, secrétariat d’Etat chargé de la Consommation, MILDT…) pour faire valoir son expertise sur les poppers. Ses demandes sont toujours demeurées sans réponse. Ce jour, le SNEG, devenu SNEG & Co, prend acte de ce point d’information et espère cette fois, qu’avant toute nouvelle initiative, les autorités compétentes se tourneront vers lui pour recueillir cette expertise.»

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