Audrey Mbugua a réussi à faire reconnaître son identité de genre devant la Haute Cour et a obtenu que son nom féminin apparaisse désormais sur ses diplômes et que son genre ne soit pas mentionné. «Nous avons gagné, c’est un moment décisif», a affirmé la jeune militante. D’après le juge Weldon Korir, le Kenya National Examinations Council (Knec) n’a pas réussi à prouver pourquoi il ne pouvait faire le changement qu’Audrey Mbugua avait demandé. Le Knec doit accéder à sa requête dans les 45 jours à venir. En juillet dernier, cette militante avait déjà obtenu gain de cause devant la justice de son pays, qui a condamnait le Conseil national des ONG à procéder à l’enregistrement de son association, Transgender Education and Advocacy.

Le combat d’Audrey Mbugua est celui de l’ensemble des femmes trans’ kenyanes, qui, loin d’être reconnues, sont souvent rejetées par la société et marginalisées. En outre, elles sont même exclues des actions qui peuvent être menées par la communauté homosexuelle: «Les femmes trans’ sont prises au piège par le système, explique la militante. Le travail sur les droits humains se fait au détriment des femmes trans’ car il les réduit à l’état d’objets sexuels et les invisibilise sous l’étiquette “homo”. En plus de cela, certains donneurs financent des projets qui retirent les droits et l’intégration des femmes trans’, et les critiquer s’apparente à de l’homophobie. Le gouvernement n’apporte pas de réponse aux besoin des femmes trans’ et certaines de nos familles sont hostiles car nous les embarrassons avec notre changement de genre. L’exploitation sexuelle est courante. Les femmes trans’ pauvres, économiquement désavantagées, sont plus vulnérables à l’exploitation sexuelle et à la violence. Le pire c’est que tout cela compromet sérieusement notre confiance et notre estime de nous-même en tant que femmes trans’. Mais il y a de l’espoir que les choses changent. Mais le changement ne vient pas avec des fleurs.»

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