Télérama se penche sur les rumeurs dont est victime la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem, et propose une analyse de ce «cas emblématique», révélateur d’un climat où les mensonges colportés par certains sites réactionnaires s’invitent au cœur des médias. Le cas de Najat Vallaud-Belkacem révèle en effet l’essor de sites dits indépendants qui se targuent de faire de la «réinformation» en profitant de la liberté que propose pour le web pour se développer. En marge des médias traditionnels, ils entendent proposer une lecture de l’actualité lavée de l’«idéologie dominante» et «politiquement correcte».

Najat Vallaud-Belkacem est devenue la cible favorite de ce courant nébuleux, qui trouve notamment chez les opposant.e.s au mariage pour tou.te.s et à l’enseignement de l’égalité à l’école un écho particulièrement retentissant. Tous les moyens sont bons pour vilipender l’ancienne porte-parole et ministre des Droits des femmes, de la fausse nouvelle au communiqué de presse fabriqué de toutes pièces. Si elle paraît détachée des campagnes de désinformation à son sujet, des attaques liées principalement à ses origines et au fait qu’elle est une femme, Najat Vallaud-Belkacem l’est bien moins lorsque les accusations touchent «à l’institution», même si elle reconnaît aujourd’hui certaines erreurs de calcul dont le gouvernement paie aujourd’hui les conséquences:

«Au moment des rumeurs dites “théorie du genre”, on a sans doute trop attendu. On a cru que ça allait passer. Mon manuel de désintox, trop tardif, n’a pas été visible. J’en tire aujourd’hui les leçons.»

«Sur la [fausse] circulaire [sur l’enseignement de l’arabe, ndlr], on a été plus efficaces: j’ai vu monter le bruit pendant le week-end sur Twitter [elle a 230 000 followers sur son compte, ndlr]. On a répondu aux tweets, communiqué avec les médias. Et porté plainte.»

La ministre tacle aussi au passage BFM et iTélé, qui ont, selon elle, accordé trop de place à certaines interventions sans contradiction ni vérification des faits. C’est notamment ce qui a permis à la «théorie du genre», expression vide de sens, de trouver une crédibilité: «Sur la “théorie du genre”, la presse a été réglo dans son ensemble. Mais il est arrivé trop souvent sur les plateaux des chaînes d’info en continu qu’on laisse dire n’importe quoi sans contradiction. Eric Zemmour a pu se faire le porte-voix des rumeurs les plus folles du Net. Copé a pu vivre d’étranges et cyniques heures de gloire en s’en prenant à un livre pour enfants…»

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Photo Mathieu Delmestre/Parti Socialiste