Le Tribunal Administratif fédéral a été saisi le 15 septembre par 35 personnes qui demandent le retrait des affiches de la campagne de prévention LOVE LIFE – ne regrette rien. Ces 35 personnes en avaient fait auparavant la demande auprès de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) qui n’a pas donné suite: «Si des enfants veulent savoir sur quoi porte cette campagne et qu’ils posent des questions, c’est une bonne opportunité pour les personnes en charge de leur éducation de leur donner des réponses adaptées à leur âge», avait répondu l’organisme.

Les affiches mettent en scène plusieurs couples homos et hétéros en train de s’envoyer en l’air. Lancée cet été, la campagne en question vise à promouvoir le sexe, le plaisir, et la liberté tout en adoptant un comportement responsable et en se protégeant soi et ses partenaires.

 

Une deuxième plainte vient aussi d’être déposée pour que le Département fédéral de l’intérieur (DFI) se substitue à l’OFSP et mette un terme à cette campagne, encore visible en ligne. Les plaignant.e.s sont soutenu.e.s par la fondation Futur CH et l’Union démocratique fédérale (UDF), qui estiment que «ces images hautement sexualisées violent massivement des intérêts dignes de protection des enfants et des jeunes».

Mauro Poggia, chef du Département de la santé à Genève et membre du Mouvement citoyen genevois, a admis avoir des difficultés à adhérer à la forme de la campagne dans un billet de blog: «Il n’est pas nécessaire d’être puritain, ni même particulièrement chatouilleux sur ce sujet pour considérer que l’État doit savoir concilier avec finesse son devoir d’information et de prévention avec les sensibilités diverses et tout aussi respectables les unes que les autres, des habitants de notre pays». Il critique par ailleurs le ton de la campagne, trop explicite à son goût: «Faut-il que les murs de nos villes soient placardés d’images à ce point suggestives qu’elles heurtent la sensibilité de certains? L’éducation sexuelle ne doit-elle pas être appréciée avant tout par les parents, et faut-il que chacun doive pouvoir expliquer instantanément à son enfant pourquoi un homme et une femme, deux hommes ou deux femmes – sans que la relation avec le préservatif soit dans ce dernier cas – exposent leurs ébats amoureux sur la place publique? Pire encore, ces affiches semblent réduire l’amour à l’acte sexuel, ce qui est particulièrement préjudiciable à la cause homosexuelle, qui, curieusement, ne semble pas s’en offusquer.»

«Scabreuse», «pornographique», la campagne Love Life a fait l’objet de nombreuses attaques de la part des politiques. Fin août, le Conseil fédéral a cependant réitéré son soutien, et a réaffirmé qu’elle ne porte pas atteinte aux mineurs.

Voir ou revoir la vidéo de la campagne:

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=BRgwagTjDHw

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Love Life – no regrets (full)