France | Société | Yagg TV | 24.09.2014 - 17 h 40 | 0 COMMENTAIRES
Journée internationale de la bisexualité: le reportage
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Yagg a assisté au tout premier rassemblement organisé en France en l’honneur de cette journée.

Pour la première fois, un rassemblement à l'occasion de la Journée internationale de la bisexualité était organisé à Paris. Si le rassemblement était à l'initiative de Bi'Cause et de quelques autres associations (le Centre LGBT Paris Ile de France, FièrEs, le MAG Jeunes LGBT, et SOS homophobie), les militant.e.s ont aussi pu compter sur la présence de représentant.e.s de l'Inter-LGBT, de Contact, de l'Association Nationale Transgenre ou encore des associations professionnelles Flag!, Homosphère ou Energay.

Au total, une soixantaine de personnes étaient réunies sur la place Igor Stravinsky, ballons mauves et pancartes à la main, dans une ambiance bon enfant, pour clamer haut et fort que la bisexualité n'est ni une mode, ni une passade. Pour Vincent Strobel, président de Bi'Cause, cette première est «un brouillon», mais laisse présager que les associations seront de nouveau mobilisées dans les années à venir pour ce rendez-vous. Et en effet, chacune en fonction de sa spécificité travaille aujourd'hui à accorder plus de visibilité aux bi.e.s.

Pour Nicolas Rottier de l'association Contact, la bisexualité n'a pas le même impact chez les familles: «Certains parents s'imaginent que ce n'est qu'une passade, explique-t-il au micro de Yagg, alors il faut essayer de leur faire comprendre que le genre de la personne avec qui leur enfant est n'a pas d'importance. Parfois, les parents de personnes bies se focalisent là-dessus et n'avancent pas sur l'acceptation.» Au MAG Jeunes LGBT, Gary Roustan pointe la nécessite de mieux prendre en compte cette partie de la communauté: «On trouve des biphobes chez les hétéros et chez les homos, note-t-il, même au MAG il n'est pas rare d'entendre des personnes dire que la bisexualité n'existe pas. Sans oublier que la bisexualité est un sujet souvent abordé dans les classes lorsque nous faisons des interventions en milieu scolaire, il y a encore beaucoup de préjugés, comme quoi les bisexuel.le.s seraient instables, infidèles. Et nous accueillons parfois des bi.e.s qui nous expliquent avoir de difficultés à assumer leur bisexualité.»

Une prise de paroles de Bi'Cause et des autres associations a suivi ce rassemblement dans la salle des mariages de la mairie du IIIe arrondissement. Vincent Strobel en a profité pour remercier les associations présentes pour leur soutien et leur participation à la réussite de cette manifestation, avant de rappeler une des raisons d'être de cette journée: la visibilité. Il a notamment mentionné la curieuse attention que les médias ont prêté à la bisexualité ces derniers temps: «Parfois la bisexualité a été plutôt bien traitée, parfois on a détecté des approches plus caricaturales. Un hebdo sous-titrait “la tendance bie”. Est-ce que ce serait tendance d'être bi.e? On peut y voir une connotation un peu ironique, voire pire. Tout de même, on ne va pas cracher dans la soupe, parce que donner de la visibilité et banaliser la bisexualité, c'est toujours bon à prendre. Mais les médias ne devraient pas tomber dans l'émoustillant, dans le jeunisme, parce que dans la foulée arrive le “ça lui passera”. Dans la foulée, arrive, insidieuse, la dévalorisation, le “bi, pas sérieux, s'abstenir”. Parfois même dans le milieu homo, on reproche aux bi.e.s de jouer aux hétéros. C'est compter sans les difficultés au quotidien de certaines personnes bies, y compris dans le couple. C'est oublier que des générations de gays et de lesbiennes ont conquis le droit d'être visibles, et donc il n'est pas question de refuser aux bi.e.s ce droit.»

Si la vidéo ne s'affiche pas, cliquez sur Journée internationale de la bisexualité: le reportage

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