«Le président Juan Manuel Santos ne nous a pas choisies pour des raisons personnelles mais parce qu’il s’appuie sur nos compétences», s’est défendue la ministre colombienne du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme Cecilia Álvarez au micro de RCN Radio, rapporte El Comercio. Selon ses détracteurs/trices, sa présence et celle de sa compagne, la ministre de l’Éducation Gina Parody, au sein du gouvernement seraient un message de l’exécutif pour séduire les électeurs/trices LGBT. «Le président a toujours vu de quoi nous sommes capables: Gina a largement démontré qu’elle était travailleuse et j’ai montré mes mérites dans le secteur privé comme dans le secteur public, a ajouté Cecilia Álvarez. Heureusement que les époques de persécution et de rejet sont derrière nous.» C’est la première fois que la relation entre les deux femmes de ce gouvernement de centre-droit est publiquement évoquée par l’une d’elles.

En Colombie, les couples de même sexe ne peuvent pas se marier car un projet de loi en ce sens a été rejeté. Néanmoins, depuis 2007, la Cour constitutionnelle a progressivement reconnu des droits aux couples homos. C’est en vertu de cette jurisprudence constante qu’un couple d’hommes a pu être uni au tribunal l’an dernier. Un nouveau pas vers l’égalité des droits pourrait être prochainement franchi car le ministère de la Santé a soumis à la Cour constitutionnelle un projet visant à ouvrir l’adoption d’enfants mineur.e.s aux couples de même sexe. Selon le ministère, «aucun risque pour la santé et le bien-être des mineur.e.s en raison de leur adoption par des couples de même sexe n’a pu être identifié. Le développement cognitif et émotionnel des mineur.e.s est le même chez les couples hétérosexuels et chez les couples homosexuels.»

Le directeur juridique du ministère assure en outre que l’orientation sexuelle des parents n’a pas d’incidence sur le développement des enfants et que les seules difficultés que peuvent rencontrer ces enfants sont liées à la stigmatisation et aux restrictions légales, relève El Paìs. Ce projet du ministère de la Santé intervient après la demande d’un citoyen, Diego Andrés Prada Vargas, qui a souligné que limiter l’adoption aux couples formés d’un homme et d’une femme est contraire aux principes de respect de la dignité humaine, de la pluralité, de la diversité culturelle, d’égalité et de non-discrimination à raison de l’orientation sexuelle. Il revient désormais à la Cour constitutionnelle de se prononcer à ce sujet. Celle-ci vient d’ailleurs de rendre un jugement permettant à une femme d’adopter l’enfant de sa compagne, une décision qui pourra s’étendre à tous les couples de même sexe dans certaines conditions, notamment la cohabitation depuis plus de deux ans.

Photos Captures (Cecilia Álvarez / Gina Parody)