Un magazine people italien est sous le feu des critiques, après qu’un livre de blagues sur les homos, Le migliori barzellette gay («Les meilleures blagues gays»), a été offert en cadeau avec le dernier numéro. En effet, le contenu du recueil a fortement déplu à une partie du lectorat, tandis qu’auparavant ceux sur les juifs, le sexe, le sport, la police ou Silvio Berlusconi n’avaient pas provoqué de remous. Pour donner un aperçu, voilà le genre de blagues que ceux et celles qui ont acheté le dernier numéro de Visto ont pu trouver (en photo): «On joue à cache-cache? – Ok, si tu me trouves tu peux me violer. Si tu ne me trouves pas… je suis dans le placard.» Une blague sur les homos doublée d’une blague sur le viol, donc. Vous avez dit les «meilleures» blagues gays?

UN LIVRE DE BLAGUES DANGEREUX, SELON LES ASSOCIATIONS
Comment ce recueil, qui semble être un pur concentré de clichés en tout genre, a-t-il pu se retrouver dans les kiosques à journaux? Peut-être, comme le sous-entend le site 360°, a-t-il fallu écouler un stock conséquent de ces petits bouquins, et Visto, avec ses 350000 exemplaires, semblait être un moyen rapide et efficace. Roberto Alessi, le rédacteur en chef, affirme ne pas avoir informé que ce fascicule serait ajouté au magazine, qu’il a qualifié de «dégueulasse». Du côté des associations LGBT italiennes, les réactions sont moyennement convaincues: «Nous apprécions les excuses faites par Roberto Alessi, mais nous trouvons plus qu’étrange qu’une personne chargée d’une publication hebdomadaire puisse déclarer qu’elle n’est absolument pas avertie de ce qui est joint à à la publication qu’elle édite, explique Andrea Maccarrone, le président de l’organisation Mario Mieli. Ce livre perpétue des préjugés et des stéréotypes qui ramènent l’Italie au temps où les gays et les lesbiennes étaient obligé.e.s de se cacher ou étaient cibles de violence et de moquerie, et diffuse des messages dangereux, particulièrement pour les jeunes de ce pays qui se bat encore pour développer une stratégie nationale pour lutter contre l’homophobie et la transphobie.»

«UNE CONTROVERSE ARTIFICIELLE ET HORS DE PROPOS»
Le responsable serait donc plutôt à chercher du côté de PRS, le groupe qui publie Visto. Son directeur général, Federico Silvestri, lui, ne voit pas vraiment où est le problème: «Je défends et revendique la décision d’avoir attaché des livres de blagues sur différents sujets dans Visto, y compris sur les homos, ce qui n’est plus un sujet tabou. Je suis la montée de cette controverse absolument artificielle et hors de propos avec grande surprise.» Federico Silvestri affirme en outre que Visto a toujours été un soutien de la communauté LGBT: «Visto a été l’un des rares journaux à donner une voix à ceux qui défendent un certain type de droits et de batailles, comme Vladimir Luxuria, invitée de l’hebdomadaire à plusieurs reprises, la dernière étant quand elle a été attaquée pour son combat contre le trafic de drogue.»

Photos Francesco Fumarola / Giphy