À Tshing, un township de la ville de Ventersdorp, le corps de Gift Disebo Makau (photo) a été retrouvé vendredi 15 août. Cette jeune lesbienne a été violée et étranglée. Le corps à moitié dénudé de la jeune femme a été retrouvé avec un tuyau d’arrosage enfoncé dans sa gorge jusque dans son estomac.

Un homme aurait été arrêté et présenté à la justice aujourd’hui, mardi 19 août. Sa famille, qui savait que la jeune femme était lesbienne, est convaincue que le meurtre de Gift Disebo Makau est en lien avec son homosexualité. «Elle n’a jamais été abusée ou harcelée dans la communauté, a affirmé un cousin de la jeune femme. Elle était cool et jamais violente. Elle aimait bien jouer au football dans le quartier.» Une nouvelle fois, les associations sud-africaines s’alarment de l’inaction du gouvernement quand il s’agit des violences et des viols correctifs dont sont victimes les personnes LGBT, et plus particulièrement les lesbiennes, notamment dans les townships. «Ces crimes de haine doivent cesser, s’inquiète Jabu Pereira de l’organisation Iranti-org. Notre gouvernement doit investir dans des programmes d’éducation visant à changer les attitudes publiques.» Depuis plusieurs années, plusieurs jeunes lesbiennes noires ont été assassinées, sans que les coupables n’aient été traduits en justice. Les crimes de haine ne sont pas reconnus en Afrique du Sud.

La militante Sheena Magenya a elle aussi fait part de sa profonde amertume et de sa colère face à l’indifférence des autorités: «Avant qu’une autre lesbienne noire soit tuée en Afrique du Sud, qu’allons-nous faire? Quelles conversations allons-nous avoir? Même si j’aimerais appeler à ce que les dirigeant.e.s agissent rapidement, et travaillent dur pour garantir la sécurité des femmes noires, partout en Afrique du Sud, je sais, et nous savons, que nous aurons au mieux un soutien de façade. Des mots vides plein d’empathie, qui cherchent à apaiser le symptôme et pas la cause.»

Photo Iranti-org