Après Robin Williams, Hollywood fait ses adieux à une autre star. Lauren Bacall est morte hier, mardi 12 août, à New York, d’un accident vasculaire cérébral, à l’âge de 89 ans.

Lauren Bacall, dont un commentateur du site gay Towleroad dit qu’elle a «inventé le chic gay avant même qu’il y ait une communauté gay», a débuté sa carrière en mars 1943, en couverture d’Harper’s Bazaar. Elle avait 19 ans. Remarquée par Nancy Hawkes, l’épouse du réalisateur Howard Hawkes, elle fait ses débuts au cinéma dans Le Port de l’Angoisse. Face à elle, Humphrey Bogart, 44 ans. La légende commence là, avec le coup de foudre d’une gamine pour un homme à la carrière établie, une histoire d’amour comme Hollywood les rêve. Suivront un mariage, deux enfants et trois autres films tout aussi légendaires: Le Grand sommeil, Les Passagers de la nuit et Key Largo.

‪Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur To Have and Have Not – you do know how to whistle – 12-22-08 8 41 AM‬

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‪Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Am I Blue (1944) Hoagy Carmichael‬



Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Lauren Bacall in The Big Sleep‬

http://youtu.be/XS2VC1hfZ9E

‪Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Key Largo (1948) – Humphrey Bogart – Lauren Bacall‬

http://youtu.be/YUyHIlLdqrY

‪Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Dark Passage (1947) – Humphrey Bogart – Lauren Bacall‬

Mais résumer Bacall à sa relation à Bogart serait une erreur, même si l’histoire est belle. Comme elle l’a répété elle-même, elle a vécu plus longtemps sans lui qu’avec lui. Et son statut de star ne découle pas simplement de ce mariage (sa carrière a d’ailleurs souffert de cette union). Un regard insensé – d’où son surnom, «The Look» –, une voix grave unique – elle devait être doublée pour ses chansons dans Le Port de l’Angoisse mais Howard Hawkes a finalement choisi de garder sa voix –, un sens de l’humour taquin, une attitude que ne renieraient pas nombre de babybutches… autant d’éléments qui ont fait le personnage de celle que The Hollywood Reporter qualifie d’«icône du cool».

Si les films dans lesquels elle a joué sans Bogart sont pour la plupart moins mémorables, certains sortent néanmoins du lot, comme Comment épouser un millionnaire, La Femme modèle ou Écrit sur du vent.

http://youtu.be/-oyJHM5RtbA

‪Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur How to Marry a Millionaire (1953) – Among the Cold Cuts‬

http://youtu.be/N2X5hgl0sh8

‪Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Designing Woman‬

http://youtu.be/is7uJsD3tVw

‪Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Written on the Wind (1956) – Lauren Bacall – Robert Stack‬

En 1950, dans La Femme aux chimères, d’après un roman de Dorothy Baker, elle incarne Amy North, épouse d’un trompettiste de génie, Rick, incarné par Kirk Douglas. Entourée d’amis «flamboyants», comme le raconte Didier Roth-Bettoni dans L’Homosexualité au cinéma, Amy finit par quitter son mari et partir en voyage avec une étudiante en art… L’actrice expliquera par la suite qu’elle était tellement naïve à l’époque qu’elle n’avait pas compris que son personnage quittait son mari pour une autre femme. Dans l’extrait ci-dessous, Rick arrive en retard à sa fête d’anniversaire et n’apprécie pas la relation entre son épouse et l’une des invitées:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Young Man With A Horn (1950) — (Movie Clip) You’re A Sick Girl

Beaucoup plus anecdotique, The Fan, en 1981, où elle joue une actrice poursuivie par un fan obsessionnel qui assassine un homme rencontré dans un bar gay…

Mais c’est sur scène qu’elle s’épanouit. Elle remporte deux Tony Awards, l’un pour Applause en 1970, l’autre pour Woman of the Year en 1981. Applause aurait dû être l’adaptation musicale du film All About Eve, mais la Twentieth Century Fox ayant refusé de céder les droits, les auteurs sont repartis du matériau de départ, la nouvelle de Mary Orr. Lauren Bacall y joue Margo Channing, comédienne vieillissante, dont l’un des proches est Duane, son coiffeur gay. Un soir, elle le convainc de les emmener, elle et Eve, dans une boite gay. Quelques mois après les émeutes de Stonewall, comme le rappelle Gerard Koskovich, du musée de l’Histoire LGBT de San Francisco, Lauren Bacall est en plein «Gay Power» (comme l’indique le néon sur le mur derrière elle):

‪Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Applause‬

Avec Lauren Bacall disparait une vraie diva, de celles qui ont fait les grandes heures d’Hollywood (auxquelles Madonna rendait hommage avec Vogue, dont toutes les stars sont désormais disparues). Cette réplique dans The Walker de Paul Schrader, en 2007, face à Woody Harrelson en escort boy gay, résume assez bien le personnage: «La mémoire est un organe auquel on ne peut pas se fier. Crois-moi, c’est comme le pénis.»
http://youtu.be/cUe9faBQmSo

‪Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur The Walker (2007) – Lauren Bacall – Woody Harrelson‬

Pour une femme qui s’est d’abord fait connaitre en expliquant comment siffler (lire «faire une fellation») à un homme, la boucle est bouclée.