Le Republican Liberty Party of Kenya cherche à introduire une loi criminalisant les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Elle prévoirait la peine de mort par lapidation pour les personnes étrangères, et la prison à vie pour les Kenyan.e.s. Une proposition a été présentée la semaine dernière à l’Assemblée nationale (photo).

Pour le secrétaire du parti Edward Onwong’a Nyakeriga, il ne fait aucune doute que cette loi doit impérativement être mise en place: «Il y a une nécessité de protéger les enfants et la jeunesse qui sont vulnérables aux abus sexuels et la déviance, résultats des changements culturels, des technologies d’informations non censurées, de cadres de développement de l’enfant en l’absence des parents, de l’augmentation des intentions des homosexuel.le.s d’élever des enfants dans des relations homosexuelles, à travers l’adoption, la famille d’accueil ou d’autres moyens.» La loi prévoit aussi de condamner par la lapidation l’«homosexualité aggravée», autrement dit dans les cas où des mineur.e.s sont impliqué.e.s, si une des personnes est porteuse du VIH, si elle est handicapée.

Bien entendu, le but n’est pas de persécuter les personnes LGBT: «La proposition vise à fournir une législation complète et améliorée pour protéger la culture si précieuse du peuple du Kenya, les valeurs familiales traditionnelles, religieuses et légales contre les atteintes des militant.e.s des droits sexuels qui cherchent à imposer leurs valeurs de promiscuité sexuelle.» La loi a-t-elle une réelle chance de passer le vote des député.e.s? Le doute est permis car le Republican Liberty Party of Kenya est un tout petit parti au Parlement kenyan. Ensuite si l’homosexualité masculine est réprimée par la loi selon le Code pénal, celle-ci n’est pas vraiment utilisée. Globalement, la société kenyane accepte mal les personnes LGBT, comme dans la plupart des pays d’Afrique sub-saharienne. En juillet dernier, un sondage Ipsos Synovate a montré que 64% de la population pense que l’homosexualité n’est pas naturelle et est acquise en grandissant. Seulement 14% des Kenyan.e.s pensent qu’être homo est naturel. C’est dans ce contexte qu’en janvier 2014, l’auteur kenyan Binyavanga Wainaina a fait son coming-out.

Photo Jorge Láscar