La princesse qui n’aimait pas les princes, Papa porte une robe, Tango a deux papas, et pourquoi pas?: autant d’ouvrages qui figurent sur la liste d’ouvrages recommandés par la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) aux Centres de petite enfance (qui équivalent à la crèche en France) et aux écoles primaires. Pour Jacques Pétrin, président du Comité pour la diversité sexuelle et l’identité de genre de la CSQ, cité par Le Devoir, «il faut briser le mythe de l’hétérosexisme dès le plus bas âge. Si on ne prend pas les enfants en CPE, ils prennent déjà le moule et perpétuent le mythe, notamment que les petits gars qui aiment le rose sont des tapettes.»

La mesure a reçu des réactions positives et hostiles sur les réseaux sociaux, relève le journal canadien en soulignant que les protestations exprimées n’ont rien à voir avec celles que connaît régulièrement la France dès qu’il est question d’orientation sexuelle ou d’identité de genre. Professeur de travail social à l’université de Laval, Michel Dorais, spécialiste des questions LGBT, rétorque aux contestations par un argument de sagesse en expliquant que présenter les personnes LGBT aux enfants sert simplement à faire état de la diversité humaine. «Les gens qui s’opposent au respect de la diversité humaine, qu’ils soient racistes, sexistes ou homophobes, ont droit à leur opinion, affirme-t-il. Mais la société québécoise et canadienne a fait, par ses lois et ses Chartes, d’autres choix.»

La liste d’ouvrages sera également remise à des bibliothèques et le CSQ envisage d’en parler au ministre de l’Éducation pour une meilleure sensibilisation des enfants et des enseignant.e.s au vécu des personnes LGBT.